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À Genève, tout s’en va…

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 27 juil.
  • 2 min de lecture

Par Luc Barthassat - journaliste citoyen


La musique qui accompagne le texte

La chanson de Léo Ferré accompagne naturellement cette poésie de Luc Barthassat. Même mélancolie, même sentiment de voir disparaître les rêves, les visages et les repères.

À Genève aussi, semble-t-il, tout s’en va.




Introduction LOGOS

Avec ce texte, Luc Barthassat transforme l’actualité genevoise en une complainte poétique, sombre et volontairement excessive. Dans le sillage de Victor Hugo et en écho à Léo Ferré, il fait du Jet d’eau, des quais et de la ville les symboles d’un monde qui semble perdre ses repères.

LOGOS publie cette poésie comme une parole d’auteur, libre, subjective et engagée : non comme un constat définitif sur Genève, mais comme l’expression d’une colère, d’une nostalgie et d’un profond attachement à une cité que l’on critique précisément parce qu’on l’aime encore.




À Genève, tout fuit, tout s’enfuit, tout s’éteint, tout s’en va…


Nous n’avons plus le cœur à ses mensonges. Nous rêvions de doux songes; je ne fais plus que des cauchemars, toutes les nuits.


Tout fuit, tout s’enfuit,tout s’éteint,tout s’en va…

Seule l’image demeure. Pourtant, Genève ressemblait au paradis.

Gouvernée par des morts-vivants, elle regarde nos âmes se faire dévorer.


Tout fuit, tout s’enfuit, tout s’éteint, tout s’en va…

À l’aurore, ils nous apparaissent comme des visages d’horreur.

Nous étions des frissons et des voix; nous sommes devenus des ombres.

Mais moi, je me rappelle…Et toi, te souviens-tu ?


Tout fuit, tout s’enfuit, tout s’éteint,tout s’en va…

Nous chantions, nous dansions sur les quais.

Aujourd’hui, nous ne savons même plus qui nous sommes sur la terre des hommes.

Le Jet d’eau, cet astre, est devenu l’image ,au cœur de la rade, du nid de notre désastre.


Tout fuit, tout s’enfuit, tout s’éteint, tout s’en va…

Le sourire de l’aube ne sent plus la rose.

Nous vivons au milieu d’une cage, condamnés à contempler l’infini et l’éternité.


Tout fuit ,tout s’enfuit ,tout s’éteint, tout s’en va…

Mon Dieu, où es-tu ?

Même Lui s’est enfui…


Librement inspiré et quelque peu malmené du « Billet du matin » de Victor Hugo.


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