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Bruel ou Patriiiiick ?

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 9 juil.
  • 6 min de lecture

Par Manu Carbone - Journaliste citoyen LOGOS






Introduction

Avant d'entrer dans cette réflexion de Manu Carbone, nous vous invitons à prendre quelques minutes pour écouter la bande originale qui l'accompagne : « Maudit d'Amour », une composition écrite, interprétée par Manu Carbone et enregistrée avec la complicité de musiciens d'exception. une chanson issue du spectacle de "Genève à Montréal"

Cette chanson n'est pas un simple accompagnement musical. Elle constitue le prolongement sensible du regard de son auteur, un éclairage artistique qui donne une résonance particulière aux pages qui suivent.


À LOGOS, nous sommes particulièrement heureux de pouvoir faire découvrir cette œuvre à nos lecteurs. C'est un privilège de publier cette bande son, mais aussi de compter au sein de notre rédaction un journaliste dont le parcours est nourri par plusieurs décennies de création artistique, d'écriture, de composition et de scène.


Cette double identité, celle d'artiste et d'auteur, confère à son regard une profondeur singulière où la musique, l'expérience de vie et la réflexion sociologique se rencontrent naturellement. Merci Manu !


Nous vous souhaitons une belle écoute… puis une belle lecture.


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Bruel ou Patriiiiick ?

Par Manu Carbone


Chapitre 1 - Introduction

De manière générale, je ne porte pas de jugement sur une personne que je ne connais pas personnellement. Il en va souvent de même pour les gens que je connais. Je fais une exception pour mes amis, avec qui il est important d’être cash par honnêteté. Il y a quelques années, j’ai offert cette banderole à Patrick Bruel lors de son concert à Thônex.

Aujourd’hui, le silence fait partie de mon travail.


Chapitre 2 - Bruel vs Patriiiiiick

Aujourd'hui, qui rêverait d'être violée par Patrick Bruel ? La question peut paraître surprenante, mais elle m'a été inspirée par une amie pour qui c'est un fantasme. Extrait d'une thèse intitulée : « Ce n'est pas Bruel qui est responsable, mais bien Patriiiiick ! »


Chapitre 3 - Intermezzo avant de poursuivre

Par définition, dès lors qu'un fantasme est réalisé, il cesse d'être un fantasme. Que se passe-t-il alors ensuite dans la plupart des cas ?


Chapitre 4 : Intermezzo - suite et fin.

Bien évidemment, la réponse ne saurait être universelle. Pour certaines, l'expérience s'achèvera là, dans la satisfaction ou la déception. Pour d'autres, elle appellera de nouveaux rendez-vous avec le même désir. D'autres encore pourront éprouver le besoin d'aller toujours plus loin, dans une forme d'escalade qui n'est pas sans rappeler celle des drogues dures.

Conclusion : Avec ou sans Bruel, et sans aucune morale , chacun demeure libre de ses fantasmes, et de ce qu'il choisit d'en faire.


Chapitre 5 : Patrick ???

Avant de poursuivre, une petite parenthèse s'impose. S'agit-il d'une rumeur ou d'une réalité protégée par les milieux concernés ? Je vous propose de visionner le sketch révélateur interprété par Laura Laune et Guillaume Bats sur le sexisme. Si vous ne souhaitez pas le regarder en entier, avancez jusqu'à 4 min 30. Dans ce cas précis, l'humour ne pardonne pas ! https://www.youtube.com/watch?v=-LlW0io5w30


Chapitre 6 : Pour Patrick Bruel

Pour monsieur Patrick Bruel, l'affaire semble prendre de l'ampleur de jour en jour, en France, en Belgique et au Canada, mais beaucoup moins en Suisse.

Une situation étonnante, notamment au regard des déclarations de l'organisateur du Paléo Festival, selon lesquelles le chanteur ne serait plus le bienvenu à la manifestation à la suite d'un comportement jugé inapproprié envers une masseuse bénévole.

L'affaire a été réglée par un accord financier conclu avec la jeune femme concernée.

Ce type d'arrangement permet de mettre fin à un litige sans qu'il y ait nécessairement reconnaissance de culpabilité.

Mais alors, pourquoi un tel accord aurait-il été conclu si l'intéressé se considère innocent ?

Bien entendu, une transaction financière ne constitue pas, en elle-même, un aveu de culpabilité.

Ce qui m'interpelle également est l’évidente discrétion des médias français sur cet aspect de l'affaire.

Par ailleurs, le climat actuel, marqué par les accusations publiques et l'influence des réseaux sociaux, me paraît porter sérieusement atteinte au respect de la présomption d'innocence qui semble voler en éclat de toute part.

Il devient difficile, voire impossible, d'échapper au jugement de l'opinion publique.

Je m'interroge également sur la cohérence entre la ligne de défense de l'avocat, qui réfute l'ensemble des accusations visant l'artiste, et certaines conditions de sa mise en liberté, notamment l'interdiction de fréquenter des salons de massage et l'obligation de suivre un traitement psychiatrique. Je m'interroge aussi sur la cohérence globale de cette affaire, qui a été examinée par quatre juges.

Enfin, en parallèle, l'affaire de la petite Lyhanna a, selon moi, contribué à alimenter une importante crise de confiance à l'égard de la justice française.

Une justice aujourd’hui au bord du gouffre. https://www.youtube.com/watch?v=JNp3trPgdZE


Chapitre 7 : Bruel ou Patriiiiick ?

Nous voici au dernier chapitre, avant la conclusion que je me ferai un plaisir de vous livrer.

Dans toute affaire impliquant des accusations répétées, communément qualifiées de « sérialité », vient un moment où l'on cherche à comprendre le comportement de la personne mise en cause en se penchant sur son passé. Son enfance, son adolescence ou son parcours de vie peuvent-ils apporter une explication ? Peut-être. Peut-être pas.

Cette démarche est pourtant passée relativement inaperçue dans les médias français.

À supposer qu'aucun traumatisme évident ne soit mis en lumière, peut-on avancer une autre hypothèse ?

Celle d'un artiste progressivement dépassé par son propre personnage public. Dans le cas présent, il s'agirait de l'immense popularité de « Patriiiiick », un phénomène exceptionnel tant par son intensité que par sa longévité.

Il ne s'agit évidemment pas de prendre parti, ni de tirer des conclusions avant que la justice ne se prononce.

Cette réflexion relève davantage de la sociologie que du jugement moral.

L'affaire aura néanmoins eu pour effet de libérer la parole de nombreuses femmes, avant même l'issue d'une éventuelle décision judiciaire. Elle a également contribué à mieux faire comprendre ce qu'est l'état de sidération et pourquoi tant de témoignages présentent des similitudes.

Enfin, elle interroge le rôle des médias, dont le rythme contraste souvent avec celui, plus lent, de la justice.

En résumé, peut-on se demander si Patrick Bruel n'a pas fini par être complètement dépassé par « Patriiiiick » ?

Cette hypothèse ne constituerait en rien une excuse, ni une circonstance atténuante si les accusations devaient être établies. Elle pourrait simplement offrir une piste d'explication, sans préjuger de ce que la justice décidera.

Reste enfin une interrogation plus générale : dans un contexte médiatique aussi intense, la justice pourra-t-elle statuer avec toute la sérénité et l'impartialité que chacun est en droit d'attendre d'elle ?


Chapitre 8 : La conclusion

La chute ? La conclusion ? La voici.

En fait, ce qui m'importait de partager avec vous, c'est une histoire vraie qui s'achève par la fin d'un rêve.

En 1992, j'écris, en une seule nuit, une chanson que j'intitule : Maudit d’Amour

Je me présente chez un professeur de chant avec mon texte et une grille d'accords griffonnée sur un bout de papier.

Cette chanson, c'est mon bébé. Elle est née d'une histoire d'amour que je viens alors de vivre.

Je comprends rapidement que sa mélodie est facile à retenir et que son texte porte une symbolique qui parle des choses de la vie.

Au fil des concerts, plusieurs spectateurs viennent me dire :

« Vous devriez proposer cette chanson à un chanteur connu. »

À chaque fois, cette remarque me touche autant qu'elle me blesse. Je garde le silence pour ne pas paraître prétentieux. Pourtant, au fond de moi, une pensée revient toujours :

« Il n'y a que deux artistes à qui j'accepterais de confier cette chanson : au féminin, Diane Dufresne ; au masculin, Patrick Bruel. »

Ce rêve m'a accompagné pendant des décennies.

Puis, un soir, je change d'angle. Je réécoute Qui a le droit.

Cette fois, je n'entends plus seulement une chanson : j'y perçois le témoignage d'un homme qui parle de son enfance et de ses blessures.

Je préfère ne pas aller plus loin. Chacun connaît les événements qui ont entouré Patrick Bruel et les nombreuses plaintes qui ont été rendues publiques. Nous sommes dans un état de droit et je respecte profondément la présomption d'innocence, tout comme la parole des femmes qui se sont exprimées.


Et alors,

Bruel ou Patriiiiick ?

Je ne change pas d'avis. Je le garde simplement pour moi.

Je tiens aussi à souligner qu'aujourd'hui, j'ai le privilège de compter parmi mes amis quatre musiciens qui ont travaillé et côtoyé Patrick Bruel pendant des années.

J'ai volontairement choisi de ne jamais les interroger sur ce sujet.

Comme dernier chapitre en guise de conclusion, j'avais simplement envie de vous confier ma p’tite histoire, et de vous offrir ma p’tite chanson.


Manu Carbone

"Maudit d'Amour" Bande son. Extrait de "Genève à Montréal" avec la complicité de magnifiques musiciens ❤️



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