On oublie trop vite ce que pouvait représenter un livre pour un enfant durant la Seconde Guerre mondiale.
Dans ces années où les frontières se refermaient comme des pièges, où les adultes parlaient à demi-mots, où le bruit des événements dépassait la capacité d’un enfant à comprendre, la lecture n’était pas un simple passe-temps : c’était un refuge, une échappée, un corridor secret hors du monde imposé.
Nous avons le plaisir d’accueillir Patrick Amey au sein de la rédaction de LOGOS.
Sociologue de la communication et professeur à l’Université de Genève, Patrick Amey est spécialiste des médias, de la culture populaire et des formes contemporaines de circulation du sens, sur les réseaux sociaux comme dans l’espace public.
Ses travaux interrogent autant les discours que les représentations collectives, ainsi que les usages des outils numériques et des médias de masse qui façonnent nos imaginaires.
Il rejoint LOGOS pour enrichir notre réflexion à la croisée du langage, du pouvoir et de l’imaginaire.
Ses premiers textes seront à découvrir très prochainement.
Bienvenue à lui.
Derniers Editoriaux
Portrait
Gilles Brand, en lançant le média Logos, a fait le pari d’un journalisme différent : un journalisme qui ne cherche ni l’indignation facile, ni la rapidité virale, mais la clarté, la rigueur et le sens. Porté par des valeurs humanistes, convaincu que la lucidité est un acte de courage, il entend offrir un espace où les opinions s’ancrent dans la réflexion plutôt que dans l’émotion.
Cette ambition s’accompagne d’une volonté forte : valoriser les journalistes citoyens en leur offrant un lieu d’expression digne et exigeant. Dans un monde saturé de bruits et d’opinions fugitives, Logos ouvre ses colonnes à celles et ceux qui veulent éclairer plutôt qu’aveugler, partager plutôt qu’imposer. C’est dans cette pluralité, ancrée dans l’honnêteté intellectuelle, que peut naître une véritable communauté de pensée.
Méditation sur le progrès, la responsabilité, et les vies invisibles sous la montagne. Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Entrée du chantier du tunnel du Gothard On peut admirer Louis Favre sans le canoniser. On peut saluer l’audace du percement du Gothard, tout en regardant en face ce que ce progrès a consommé : des corps, des poumons, des destins. Le héros tragique n’est pas seulement celui qui lutte contre la roche : c’est celui qui, volontairement ou non, laisse derrière
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a des dates qui ne devraient pas exister. Les 8 et 9 janvier 2026 appartiennent à cette catégorie : deux jours où l’Iran a basculé dans une répression d’une violence telle que le langage lui-même se fissure. Les mots habituels « maintien de l’ordre », « affrontements », « débordements » deviennent des euphémismes, presque des complices. Quand un pouvoir tire sur sa population, quand les morgues débordent et que l’Internet s’éteint, on n
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Une méditation sur un phénomène plus ancien que la politique elle-même. Il existe, dans les relations humaines, une gravité silencieuse qui précède les partis, dépasse les stratégies, et résiste à toutes les théories : l’ingratitude. La politique n’en est pas la cause, elle n’en est que le théâtre. Là où l’on croit chercher des adversaires, on découvre souvent des fragilités.Là où l’on attend de la reconnaissance, on rencontre parfois l’effa
Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS Chroniqueur politique Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local. Il y a des territoires qui donnent l’illusion de l’unité. Les Trois-Chêne en font partie : trois communes, trois frontières poreuses, trois histoires qui s’entrecroisent. Un m
Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS Chroniqueur politique Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local. Les chiffres ont parfois la discrétion des avertissements : ils ne crient pas, mais ils avertissent. Et le dernier rapport de péréquation cantonale en dit long. Chêne-Bourg, a
Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS Chroniqueur politique Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local. Aujourd’hui, à Vernier, le scrutin communal est suspendu. Les résultats des élections au Conseil municipal ne seront pas publiés, le temps que l’enquête sur les irrégularités
Rédaction Logos
1 déc. 20252 min de lecture
Résonnances
Maurice Aufair, la voix des âmes
Par Gilles Brand
Comme le chante Serge Lama "mon ami, mon maître" parler de son ami, c’est lui prolonger sa vie.
Il est important pour moi de parler ici de Maurice Aufair. Rendre hommage à ce comédien, c’est prolonger sa voix, c’est partager encore un peu de cette présence lumineuse qu’il offre au monde.
Devenir journaliste citoyen, c’est répondre à un appel intérieur : celui de participer au bien commun en partageant ses réflexions, ses observations, ses questionnements.
LOGOS sur Substack : une ligne directe, une parole libre
Il y a des choix qui semblent techniques — une plateforme plutôt qu’une autre — mais qui révèlent en réalité une vision du monde. La présence de LOGOS sur Substack ne relève pas d’un caprice numérique ni d’une quête de modernité. C’est un geste plus ancien que la technologie : reprendre sa liberté.
Relire Mitterrand… avec l’Amérique en toile de fond François Mitterrand Quand François Mitterrand avertit, à Strasbourg, que « le nationalisme, c’est la guerre », il ne délivre pas une leçon d’histoire : il décrit une mécanique humaine. Celle qui transforme une identité légitime en instrument de tri, puis en arme. Et si ce texte date du 17 janvier 1995, il résonne aujourd’hui avec une intensité particulière, parce que l’Europe n’est plus seulement confrontée à ses démons inté
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Chaque décembre, Saint-Nicolas traverse nos rues, distribuant friandises et sourires. À sa suite, le Père Fouettard, figure sombre, menaçante, caricaturale, incarne la punition des enfants « méchants ». Cette tradition, enracinée depuis des siècles, est aujourd’hui attaquée frontalement : le collectif Grève féministe Fribourg dénonce le maquillage noir de ce personnage comme une forme de blackface , pratique qualifiée de raciste et héritière
Rédaction Logos
11 déc. 20253 min de lecture
Dans Résonance, chaque mot est une vibration, un écho qui traverse le silence et se prolonge bien au-delà de la page. La poésie de
Manu Carbone s’inscrit dans cette ligne fragile entre l’intime et l’universel : elle dit l’absence, le doute, l’amour qui persiste même quand tout semble se dérober.
Sur les touches d’un piano, c’est une voix intérieure qui se cherche et se livre, à la fois murmure et cri.
Lire ce texte, c’est entrer dans une musique où les consonnes et les voyelles deviennent accords, où le présent, même pour personne, se fait chant pour tous.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Lecture stoïcienne d’une ville moderne Il est tentant de juger Dubaï d’un mot : “mirage”, “décor”, “vitrine”. L’époque aime ces verdicts rapides, parce qu’ils donnent l’illusion de comprendre. Mais une attitude stoïcienne commence par une règle plus austère : ne pas confondre une impression avec un fait, ne pas se laisser gouverner par le plaisir de condamner. On lit parfois que “plus personne ne veut vivre à Dubaï”. La formule frappe et don
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a des dates qui ne devraient pas exister. Les 8 et 9 janvier 2026 appartiennent à cette catégorie : deux jours où l’Iran a basculé dans une répression d’une violence telle que le langage lui-même se fissure. Les mots habituels « maintien de l’ordre », « affrontements », « débordements » deviennent des euphémismes, presque des complices. Quand un pouvoir tire sur sa population, quand les morgues débordent et que l’Internet s’éteint, on n
Relire Mitterrand… avec l’Amérique en toile de fond François Mitterrand Quand François Mitterrand avertit, à Strasbourg, que « le nationalisme, c’est la guerre », il ne délivre pas une leçon d’histoire : il décrit une mécanique humaine. Celle qui transforme une identité légitime en instrument de tri, puis en arme. Et si ce texte date du 17 janvier 1995, il résonne aujourd’hui avec une intensité particulière, parce que l’Europe n’est plus seulement confrontée à ses démons inté
Rédaction Logos
16 janv.3 min de lecture
Figures libres
Es-tu concerné, ou n’es-tu pas concerné ?
Ecrit par Manu Carbone
Manu Carbone explore ici cette frontière subtile entre distance et implication, entre jugement et émotion.
Un texte qui nous rappelle que nos opinions ne sont jamais neutres, elles parlent, avant tout, de ce qui nous touche.
« Plus jamais ça » : à Oosterbeek, les enfants gardent la paix vivante
Il existe des lieux où l’Histoire cesse d’être un chapitre pour redevenir une présence. Le cimetière de la Commonwealth War Graves Commission à Oosterbeek, près d’Arnhem, est de ceux-là. Des rangées de stèles blanches, impeccablement alignées, comme une phrase répétée à l’infini, non pour enfoncer une vérité, mais pour empêcher l’oubli de gagner.
Et puis, chaque année, un geste simple vient rompre la froideur géométrique des pierres : des écoliers déposent des fleurs sur chaque tombe.
On les appelle les « Enfants des Fleurs ». Le nom a la douceur d’une comptine. Le rituel, lui, porte le poids d’un siècle.
C’était un après-midi chaud, dans la ville rouge. La lumière dansait déjà sur les murs, et les pigeons tournoyaient en silence au-dessus des toits. Un side-car attendait à l’ombre d’un palmier, étrange attelage d’acier et de cuir, aux allures de monture fantastique, prêt à nous emporter hors du temps.
Cueillir des cerises pour la Commune, pour les rêves de Jaurès
Il y a des gestes simples qui portent en eux plus de force qu’un discours. Cueillir une cerise, tendre ce fruit fragile et rouge à un ami, c’est déjà faire acte de fraternité. Ce geste, transposé à l’échelle de l’Histoire, devient un symbole : celui de la Commune, de Jaurès, de tous ceux qui ont rêvé que la politique ne soit pas une arène de domination, mais un verger où chacun pourrait partager.
Jef : l’homme aux mille casquettes, du restaurant Cocorico à l’art du collage
au cœur de la Thaïlande
À Kamala en Thaïlande, Cocorico attire d’abord par sa cuisine subtile, portée par une cheffe birmane au talent éclatant, et par une décoration stylée où tout semble à sa place.
Mais derrière les lumières bien dosées, les rythmes soigneusement choisis et les assiettes d’une sincérité rare, se cache un homme dont la richesse créative dépasse de loin le cadre d’un simple restaurant.
Il arrive que les paysages parlent plus fort que les discours. Face au ciel immense, au-dessus des marées et du vent, une silhouette dorée continue de défier l’horizon :
l’archange Saint Michel, lance en avant, ailes ouvertes, point d’équilibre entre le ciel et la terre.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il s'agit de l'œuvre d'art "Décembre" (December) de l'artiste norvégien Theodor Kittelsen. La scène est silencieuse. Un chemin enneigé, quelques arbres nus, une maison à peine visible. Et au-dessus, un ciel saturé d’étoiles, presque excessif, comme si l’univers s’était soudain rapproché de la terre. Rien ne se passe. Et pourtant, tout est là. La disproportion fondamentale L’image nous confronte à une vérité que la modernité évite : la disp
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a des scènes, dans la vie, qui ressemblent à des paraboles sans qu’on s’en rende compte. Elles ont la netteté des mythes, la simplicité des évidences et cette brusque intensité qui force l’esprit à se détourner de ses automatismes .Celle du géomètre frappé par la foudre, au sommet d’une colline, en fait partie. On pourrait croire à un accident. On aurait tort. Car ce géomètre n’était pas seulement un homme qui mesurait la terre : il inc
Sur ceux qui résistent sans bruit, et que la société ne sait plus reconnaître Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS Il existe un courage qui ne fait pas de bruit, c’est souvent le plus grand. Il y a des vertus qui ne se voient pas parce qu’elles refusent de se montrer. Parmi elles, une a presque disparu du paysage moral contemporain : le courage doux. Notre époque sait admirer la force spectaculaire : la contestation tapageuse, l’indignation immédiate, le verbe tranchant, la pos
Rédaction Logos
3 déc. 20253 min de lecture
Parole de lecteur
« Logos ne cherche pas à séduire par l’éclat, mais à éclairer par la profondeur. Chaque article m’invite à réfléchir au-delà de l’actualité immédiate. »
Claire, 34 ans, lectrice
Souvenirs
D’un passeur de lumière
Ecrit par Gilles Brand
Derniers articles
Transmission
La dernière leçon
Ecrit par Gilles Brand
Il y a des hommes dont la mémoire ne s’éteint jamais, parce qu’ils ont su allumer en nous un feu qui ne se consume pas.
Mon père était de ceux-là : un passeur de lumière.
Amoureux des étoiles et curieux de la Terre, il savait conjuguer la patience du sage et l’élan de l'aviateur.
Éducation : Et si Genève s’inspirait du Danemark ?
Ecrit par Gilles Brand
Depuis 1993, le Danemark enseigne l’empathie à l’école comme une véritable compétence, au même titre que les mathématiques ou les sciences.
Les enfants y apprennent à comprendre les émotions, à écouter l’autre et à prendre soin du collectif.
Ce choix n’a rien d’anecdotique : il transforme littéralement le cerveau. Les neurosciences montrent que la pratique de l’empathie développe le cortex préfrontal médian, zone clé de la régulation émotionnelle.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il s'agit de l'œuvre d'art "Décembre" (December) de l'artiste norvégien Theodor Kittelsen. La scène est silencieuse. Un chemin enneigé, quelques arbres nus, une maison à peine visible. Et au-dessus, un ciel saturé d’étoiles, presque excessif, comme si l’univers s’était soudain rapproché de la terre. Rien ne se passe. Et pourtant, tout est là. La disproportion fondamentale L’image nous confronte à une vérité que la modernité évite : la disp
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a des scènes, dans la vie, qui ressemblent à des paraboles sans qu’on s’en rende compte. Elles ont la netteté des mythes, la simplicité des évidences et cette brusque intensité qui force l’esprit à se détourner de ses automatismes .Celle du géomètre frappé par la foudre, au sommet d’une colline, en fait partie. On pourrait croire à un accident. On aurait tort. Car ce géomètre n’était pas seulement un homme qui mesurait la terre : il inc
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a, dans les mémoires d’enfance, des nuits qui restent suspendues, comme si le temps avait choisi de ne plus avancer. Parmi ces nuits, celle de Saint-Nicolas tient une place à part. Je revois encore la maison alsacienne de mon enfance, plongée dans un silence blanc, posée au milieu de la neige comme un refuge chaud dans un vaste monde endormi. Je me tenais derrière la fenêtre, tout petit, enveloppé par la lumière dorée de l’intérieur. Le
Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS Pourquoi la réussite d’autrui nous dérange-t-elle autant ? Pourquoi, dans un pays prospère comme la Suisse, une partie de la population ressent-elle une forme de malaise, parfois même une hostilité, face à ceux qui possèdent davantage ? Ce n’est pas une question économique. C’est une question existentielle. L’autre comme rappel de nos limites La richesse, surtout lorsqu’elle est visible, agit comme un miroir. Non pas un miroir neutre, mais u
Sur ceux qui résistent sans bruit, et que la société ne sait plus reconnaître Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS Il existe un courage qui ne fait pas de bruit, c’est souvent le plus grand. Il y a des vertus qui ne se voient pas parce qu’elles refusent de se montrer. Parmi elles, une a presque disparu du paysage moral contemporain : le courage doux. Notre époque sait admirer la force spectaculaire : la contestation tapageuse, l’indignation immédiate, le verbe tranchant, la pos
Quand la vieille question revient hanter l’Europe Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a quarante ans, Louis Chedid chantait cette phrase lancinante :« Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »Une ritournelle enfantine transformée en cri d’alarme. Une supplique douce et désespérée, adressée à une société qui préfère détourner les yeux plutôt que de nommer le mal quand il revient. Aujourd’hui, cette question traverse de nouveau l’Europe. Et cette fois, elle n’a plus rien
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Une méditation sur un phénomène plus ancien que la politique elle-même. Il existe, dans les relations humaines, une gravité silencieuse qui précède les partis, dépasse les stratégies, et résiste à toutes les théories : l’ingratitude. La politique n’en est pas la cause, elle n’en est que le théâtre. Là où l’on croit chercher des adversaires, on découvre souvent des fragilités.Là où l’on attend de la reconnaissance, on rencontre parfois l’effa
Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS Chroniqueur politique Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local. Il y a des territoires qui donnent l’illusion de l’unité. Les Trois-Chêne en font partie : trois communes, trois frontières poreuses, trois histoires qui s’entrecroisent. Un m
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS (Quand la démocratie directe mérite mieux que les slogans) « La vérité n’a pas besoin d’être maquillée pour convaincre. » À Genève, le droit de référendum est un joyau démocratique. Il permet à chaque citoyen de dire : je veux que nous revotions ensemble . C’est un droit fondamental, précieux, fragile. Mais depuis quelque temps, une question dérangeante apparaît : Peut-on vraiment écrire n’importe quoi dans un formulaire de récolte de signa
Rédaction Logos
19 nov. 20253 min de lecture
Je les revois encore, dans les cahiers cornés, dans les pupitres griffonnés, dans ces yeux d’élèves qui brillaient quand je parlais de justice, de courage, de fraternité.
Nous croyions que lever le poing suffisait à changer le monde. Nous pensions que l’élan de la jeunesse durerait toujours, comme un feu qu’aucun vent ne pourrait éteindre.
Aujourd’hui, ce feu a laissé des braises. Sous mes paupières fatiguées, il y a des trous, des manques, des nuits qui me rappellent que nos espérances furent brèves, trop brèves.
Un sujet, une résonance, plusieurs éclairages.
Ici, Logos prend le temps de dépasser l’actualité pour en explorer le sens. Chaque thème devient une porte vers l’essentiel : entre idéal et réel, héritage et avenir.
« On ne naît pas lecteur, on le devient. »
Ce proverbe pourrait figurer en exergue du constat alarmant qui traverse la Suisse contemporaine : près d’un quart des jeunes de quinze ans ne maîtrisent pas la lecture à un niveau suffisant, pas seulement pour déchiffrer des phrases, mais pour saisir un propos, évaluer une source, naviguer dans un monde saturé de textes (papiers, écrans, discours).