Il existe en chaque être humain une pièce silencieuse que l’on visite rarement.
Nos vies sont tournées vers l’extérieur, vers les événements et l’agitation du monde. Pourtant, derrière ce mouvement demeure un espace plus discret où naissent les pensées, les souvenirs et parfois des intuitions mystérieuses.
Depuis l’Antiquité, les philosophes ont tenté d’explorer ce territoire invisible.
La rubrique La chambre intérieure propose d’entreprendre ce voyage.
Car peut-être que le plus grand voyage offert à l’homme n’est pas celui qui traverse le monde, mais celui qui mène au cœur de sa propre conscience.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est une illusion tenace dans notre époque : croire que l’homme se résume à ce qu’il comprend de lui-même. Nous valorisons la conscience. Nous la travaillons, nous l’explorons, nous la revendiquons. Être conscient serait devenir maître de soi. Mais cette idée est fragile. Car l’homme ne se limite pas à ce qu’il perçoit. Il déborde. Il déborde dans ses intuitions, dans ses élans, dans ses contradictions, dans ces gestes inexplicables qui su
Les portes de la conscience Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des évidences que l’on ne questionne jamais. L’une d’elles est peut-être la plus étrange : l’homme ne vit pas seulement dans le monde, il vit aussi en lui-même. Nous parlons, nous agissons, nous décidons. Mais derrière chaque geste, quelque chose se tient en retrait. Une pensée qui observe. Une mémoire qui persiste. Une voix parfois discrète, parfois insistante, qui ne se confond pas avec le bruit du monde
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS La maison de la nuit Il existe une heure étrange dans la nuit. Une heure où les maisons semblent respirer doucement, où les rues deviennent silencieuses comme des bibliothèques abandonnées, où le monde paraît enfin rendu à lui-même. C’est l’heure où la conscience se retire. Les pensées du jour se dissipent. Les certitudes s’éteignent une à une comme des lampes. Et pourtant, dans ce grand repos du monde, il arrive que quelque chose demeure év
Rédaction Logos
9 mars4 min de lecture
Rédaction
La politique n’est pas un spectacle.
Derniers Editoriaux
LOGOS aborde ici la politique comme une matière philosophique avant d’être partisane.
Non pour fuir le réel, mais pour l’éclairer.
Parce qu’avant d’être un rapport de forces, la politique est une question de sens.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des jours que l’on traverse sans les habiter. Et d’autres qui, silencieusement, nous traversent. Pâques appartient à cette seconde catégorie. À première vue, il ne s’agit que d’une fête religieuse, inscrite dans un calendrier, portée par des rites, parfois réduite à des symboles devenus familiers. Et pourtant, derrière cette apparente simplicité se tient l’une des propositions les plus vertigineuses jamais adressées à l’homme. Car Pâq
Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS Il est des chaînes que l’on ne voit pas. Elles ne font pas de bruit. Elles ne blessent pas la peau. Elles n’humilient pas. Elles organisent. Nous parlons de liberté comme d’un acquis. Nous en faisons un principe. Une évidence. Presque une nature. Mais la liberté n’est jamais un état. Elle est une condition fragile, suspendue à des réalités que nous préférons ignorer. Et parmi ces réalités, il en est une, massive, silencieuse, déterminante :
Rédaction Logos
il y a 4 jours3 min de lecture
Rédaction
Pourquoi un "conseil de La Rédaction" à la fin de chaque article ?
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Développement personnel
Ce choix n’est pas un simple effet de style.
ll répond à une conviction éditoriale : comprendre le monde ne consiste pas seulement à accumuler des informations ou des analyses.
Cela suppose aussi d’apprendre à mieux regarder, mieux juger et mieux réfléchir.
Gilles Brand, en lançant le média Logos, a fait le pari d’un journalisme différent : un journalisme qui ne cherche ni l’indignation facile, ni la rapidité virale, mais la clarté, la rigueur et le sens. Porté par des valeurs humanistes, convaincu que la lucidité est un acte de courage, il entend offrir un espace où les opinions s’ancrent dans la réflexion plutôt que dans l’émotion.
Cette ambition s’accompagne d’une volonté forte : valoriser les journalistes citoyens en leur offrant un lieu d’expression digne et exigeant. Dans un monde saturé de bruits et d’opinions fugitives, Logos ouvre ses colonnes à celles et ceux qui veulent éclairer plutôt qu’aveugler, partager plutôt qu’imposer. C’est dans cette pluralité, ancrée dans l’honnêteté intellectuelle, que peut naître une véritable communauté de pensée.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Je devais avoir douze ans. C’était l’hiver, chez mon grand-père, à Oderen, dans les Vosges alsaciennes. Une neige abondante avait recouvert le village pendant la nuit.Le monde semblait avoir changé de matière. Au matin, tout était silencieux. Les toits ploiaient doucement sous le poids blanc.Les arbres des vergers dessinaient des arabesques immobiles.Même l’air paraissait plus dense, comme si le froid avait épaissi le temps. Je me souviens d
Je ne sais plus exactement le jour où cette phrase est entrée dans ma vie professionnelle. Mais je sais qu’elle ne m’a plus quittée. Elle est de Jacques Prévert.
« Il avait raison avec sa raison. »
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Ce que Le Bateau ivre me dit encore Il y a des poèmes qu’on lit. Et d’autres qui vous traversent. Le Bateau ivre de Arthur Rimbaud fait partie de ceux-là. Je ne l’ai jamais lu comme un simple exercice de virtuosité adolescente. Je l’ai toujours reçu comme une confession déguisée. Rompre les amarres « Comme je descendais des Fleuves impassibles… » À chaque lecture, je sens cette rupture initiale : les haleurs abattus, les cordes rompues, le
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2 min de lecture
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Chaque mois, découvrez une photo inspirante.
Il est là, seul !
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS
Un trait sombre posé sur le ciel.
La pluie tombe sans bruit, ou peut-être est-ce le silence qui tombe avec elle.
Le monde semble lavé de ses couleurs, réduit à l’essentiel : une tuile, un oiseau, une attente.
Perché sur la courbe lisse d’un toît, l’oiseau tient l’équilibre comme on tient une pensée fragile. Une seule patte. Le corps ramassé. Le regard tendu vers l’horizon que nous ne voyons pas.
C’était un après-midi chaud, dans la ville rouge. La lumière dansait déjà sur les murs, et les pigeons tournoyaient en silence au-dessus des toits. Un side-car attendait à l’ombre d’un palmier, étrange attelage d’acier et de cuir, aux allures de monture fantastique, prêt à nous emporter hors du temps.
LOGOS sur Substack : une ligne directe, une parole libre
Il y a des choix qui semblent techniques, une plateforme plutôt qu’une autre, mais qui révèlent en réalité une vision du monde. La présence de LOGOS sur Substack ne relève pas d’un caprice numérique ni d’une quête de modernité. C’est un geste plus ancien que la technologie : reprendre sa liberté.
Ici, Logos prend le temps de dépasser l’actualité pour en explorer le sens. Chaque thème devient une porte vers l’essentiel : entre idéal et réel, héritage et avenir.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est tentant, face à la complexité du logement, d’appeler à sortir ce sujet de la logique politicienne. L’intention est compréhensible. Elle traduit une fatigue. Peut-être même une lassitude collective. Mais peut-on réellement extraire le logement du champ politique ? Le logement touche à l’espace, à la densité, à la propriété, à la transmission, à la justice sociale. Autrement dit : à tout ce qui structure une société. Il n’est donc pas u
Par Claude Barthe - journaliste citoyenne Préface de la rédaction LOGOS Il est des textes qui dérangent parce qu’ils nomment ce que l’on préfère taire. Celui de Claude Barthe appartient à cette catégorie rare : celle des regards qui interrogent, non pas à la marge, mais au cœur même de nos évidences. À travers le récit d’une ville qui se transforme, c’est bien plus qu’une évolution urbaine qui est décrite. C’est une mutation silencieuse, presque imperceptible au quotidien, ma
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Les résultats du premier tour des élections municipales françaises ne racontent pas seulement une compétition politique. Ils racontent surtout une transformation silencieuse du pays. Car si l’on observe la carte électorale avec un peu de recul, une évidence apparaît: la France n’est plus un bloc politique. Elle ressemble désormais à un archipel. Chaque ville devient une île. Certaines grandes métropoles poursuivent une trajectoire marquée pa
Rédaction Logos
16 mars2 min de lecture
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Notes pour comprendre le XXI siècle
Notre époque produit une quantité immense d’informations, mais elle peine parfois à les transformer en compréhension. Les événements se succèdent à un rythme accéléré : crises politiques, innovations technologiques, mutations sociales. Dans ce flux permanent, il devient difficile de prendre la distance nécessaire pour penser réellement notre temps.
La série « Notes pour comprendre le XXIᵉ siècle » propose ainsi quelques repères pour éclairer les transformations de notre époque. Dans l’esprit des grandes analyses du monde moderne, de Alexis de Tocqueville à Hannah Arendt, ces textes cherchent moins à donner des réponses définitives qu’à ouvrir des chemins de réflexion sur les mutations silencieuses de nos sociétés.
Notes pour comprendre le XXIᵉ siècle Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a quelque chose d’étrange dans notre époque. Nous regardons la politique comme on regarde une scène. Nous attendons des prises de parole comme on attend des épisodes. Et, sans vraiment nous en rendre compte, nous avons changé de position : nous ne sommes plus seulement citoyens, nous sommes devenus spectateurs. Le basculement ne s’est pas fait d’un coup. Il s’est installé à mesure que l’image prenait
Notes pour comprendre le XXIᵉ siècle Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il fut un temps où ne pas avoir d’avis était une position acceptable. Le silence n’était pas un vide, mais un espace. Un espace de réflexion, de maturation, parfois même de sagesse. Aujourd’hui, ce silence semble avoir disparu. À peine un événement survient-il, politique, social, culturel, qu’une multitude de réactions surgit immédiatement. Les réseaux sociaux, les médias en continu, les espaces numériqu
Notes pour comprendre le XXIᵉ siècle Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est une étrange contradiction dans notre époque. Jamais l’humanité n’a eu accès à autant d’informations. Jamais les sociétés n’ont été aussi connectées, aussi rapides, aussi informées. Et pourtant, un sentiment diffus traverse notre temps : celui d’une difficulté croissante à comprendre réellement le monde. Chaque jour, l’actualité se déploie devant nous sous la forme d’un flux continu : crises interna
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il suffit parfois d’un animal pour révéler une époque. Sur le Plateau de Bel-Air dans la Commune de Chêne-Bourg (GE), ce ne sont ni des tensions politiques, ni des bouleversements économiques qui agitent les conversations. Ce sont des renards. Quelques silhouettes furtives, quelques apparitions au détour d’un jardin, et soudain une inquiétude diffuse s’installe. Le phénomène est connu. À mesure que la ville s’étend, les territoires se déplac
Par Gilles Brand À Delémont, un magasin ferme. Et immédiatement, une phrase surgit : « Il n’y a plus de vie. » Mais ce qui se joue ici dépasse largement une ville jurassienne. Ce qui se passe à Delémont se reproduira ailleurs. Et, en réalité, se produit déjà. Il faut le dire clairement : nous ne sommes pas face à un événement isolé, mais à une dynamique. Les centres-villes se transforment. Les commerces disparaissent. Les grandes surfaces historiques ferment ou se déplacent.
Par Gilles Brand - Podologue et rédacteur LOGOS Dans mon cabinet, chaque journée commence de la même manière : une porte qui s’ouvre, une personne qui entre, et avec elle une histoire. Une douleur au pied n’est jamais seulement une douleur au pied.Elle est souvent la trace d’un parcours de vie, d’un métier exercé debout, d’une fatigue accumulée, parfois d’un silence porté trop longtemps. Le soin commence toujours par l’écoute. Aujourd’hui pourtant, un nouvel acteur entre dans
Rédaction Logos
16 mars3 min de lecture
“Genève : s’élever sans se perdre”
Jean-Claude Brand (1932-1990)
« On ne choisit pas toujours le territoire que l’on reçoit. Mais on choisit la manière dont on l’habite »
J’ai construit à une époque où Genève avait encore le sentiment de pouvoir s’étendre.
Avanchet-Parc est né de cette idée : organiser un ensemble, donner de l’espace, composer avec le sol.
Et si certaines pensées ne nous quittaient jamais vraiment ?
À travers Les voix du temps, LOGOS fait entendre des témoignages fictifs inspirés de grandes figures du passé.
Non pour les reconstituer, mais pour en faire résonner l’esprit dans notre présent.
Car certaines consciences ne parlent pas d’hier.
Elles interrogent ce que nous sommes devenus.
Devenir journaliste citoyen, c’est répondre à un appel intérieur : celui de participer au bien commun en partageant ses réflexions, ses observations, ses questionnements.
Manu Carbone ne nous parle pas d’un scandale. Il parle d’un secret. Et un secret, par définition, n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être bouleversant.
L’amour qui n’a pas de place
« Que fais-tu de nous, sans nous ? »
Cette question contient tout. Elle interroge ces relations sans statut, ces élans sans avenir clair, ces attachements qui n’entrent dans aucune case sociale.
Nous vivons à l’ère de l’officialisation permanente : relation définie, statut affiché, visibilité numérique.
Or « Clandestin » rappelle que certains sentiments ne cherchent pas la lumière.
Il est des récits qui ne s’annoncent pas comme tels. Ils surgissent sans prévenir, dans une salle trop petite, dans une voix presque simple et pourtant ils déplacent quelque chose en nous. Non par le spectaculaire, mais par la justesse. Non par le bruit, mais par une forme de vérité nue.
Ou comment la zone de développement fabrique l’inhabitable Rédaction LOGOS Il y a des lieux qui naissent. Et d’autres qui sont produits. Le quartier du Quai Vernets, présenté comme une réussite urbaine, s’inscrit dans cette seconde catégorie : celle d’une ville fabriquée, planifiée, rationalisée, mais profondément désincarnée. On nous parle de 1’300 logements , de mixité sociale, de durabilité, de mobilité douce. On empile les mots comme on empile les volumes. Mais derrière c
Par Georges Dunand - Rédacteur LOGOS Quand le politique se souvient mieux qu’il n’a agi Il est toujours délicat de s’adresser à une figure. Non pas par respect, le respect n’interdit rien, mais parce qu’une figure porte avec elle une époque, une intention, parfois même une certaine idée du bien. Madame Dreifuss, vous incarnez cela. Et c’est précisément pour cette raison que vos mots récents troublent. Lorsque vous affirmez aujourd’hui que, dès l’origine de la LAMal, les pri
Transmission de Jean-Claude Brand - Bâtisseur (1932-1990) « On ne choisit pas toujours le territoire que l’on reçoit. Mais on choisit la manière dont on l’habite. » J’ai construit à une époque où Genève avait encore le sentiment de pouvoir s’étendre. Avanchet-Parc est né de cette idée : organiser un ensemble, donner de l’espace, composer avec le sol. Mais Genève n’est plus dans cette situation. Le canton est étroit. Contraint. Déjà largement occupé. Croire aujourd’hui que l’o
Par René Ermacora - Journaliste citoyen Préface - Rédaction LOGOS Certains textes ne racontent pas seulement une histoire : ils rappellent une responsabilité. Celui de René Ermacora s’inscrit dans cette lignée exigeante. À travers la figure du Chevalier, c’est notre rapport à l’héritage qui est interrogé : que faisons-nous de ce qui nous est transmis ? Sommes-nous encore capables d’en être dignes gardiens ? Dans un monde dominé par l’instant, ce texte réhabilite une valeur es
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il fut un temps où l’Occident se pensait comme un bloc. Une entité presque morale, fondée sur une promesse commune : celle de la liberté, de la démocratie, d’un certain rapport au monde hérité des Lumières. Aujourd’hui, ce bloc se fissure. Non pas dans le fracas spectaculaire des ruptures historiques. Mais dans un glissement plus discret, plus insidieux : une divergence lente, presque philosophique, entre deux visions du monde. D’un côté, l’
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des institutions qui naissent d’un traumatisme. L’Organisation des Nations unies est née d’un gouffre. En 1945, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’humanité était épuisée par elle-même. Auschwitz, Hiroshima, Stalingrad : le XXe siècle avait montré jusqu’où pouvait aller la technique lorsqu’elle n’était plus tenue par la conscience. Il fallait inventer un lieu. Un espace. Une parole commune. L’ONU fut ce pari. Un pari presque my
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Les résultats du premier tour des élections municipales françaises ne racontent pas seulement une compétition politique. Ils racontent surtout une transformation silencieuse du pays. Car si l’on observe la carte électorale avec un peu de recul, une évidence apparaît: la France n’est plus un bloc politique. Elle ressemble désormais à un archipel. Chaque ville devient une île. Certaines grandes métropoles poursuivent une trajectoire marquée pa
Rédaction Logos
16 mars2 min de lecture
Résonnances
La musique ne dit rien, elle
se souvient
Ecrit pas Gilles Brand
Il existe des musiques qui ne se jouent pas, elles se respirent.
La Sicilienne de Samuel Dushkin appartient à cette catégorie rare
où le violon semble flotter entre deux rives : celle de la tendresse
Un témoignage inédit d’Armand Cacheux Préface Une mémoire retrouvée Certains textes ne viennent pas des bibliothèques, mais des archives familiales. Le manuscrit que nous publions ici, rédigé par Armand Cacheux , appartient à ces récits rares qui traversent le temps presque par hasard. À travers la vie de Victoire Guerrier , devenue Madame Tinayre, c’est toute une époque qui réapparaît : celle des bouleversements sociaux du XIXᵉ siècle, des idéaux humanitaires, des drames de
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il existe une question simple que l’histoire nous invite parfois à poser : où reposent aujourd’hui les soldats de la Grande Armée de Napoléon Bonaparte ? Des centaines de milliers d’hommes ont traversé l’Europe sous les aigles impériales. Ils ont marché de l’Espagne à la Russie, de l’Italie aux plaines de Pologne. Ils ont franchi des fleuves, traversé des villes, bivouaqué dans des campagnes dont les noms ont disparu de la mémoire. Pourtant,
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est dans l’histoire napoléonienne une scène qui ne cesse d’intriguer les historiens comme les philosophes : la fidélité presque filiale des grognards envers leur Empereur. Ces hommes avaient connu les marches interminables, les bivouacs glacés, les blessures, les famines, les retraites tragiques. Beaucoup avaient vu mourir leurs camarades dans la boue d’Europe ou dans la neige de Russie. Pourtant, lorsque Napoléon apparaissait devant eux,
Rédaction Logos
5 mars2 min de lecture
Symbole
Saint Michel face aux ténèbres : le dernier symbole debout de l’Occident
Ecrit par Gilles Brand
Il arrive que les paysages parlent plus fort que les discours. Face au ciel immense, au-dessus des marées et du vent, une silhouette dorée continue de défier l’horizon :
l’archange Saint Michel, lance en avant, ailes ouvertes, point d’équilibre entre le ciel et la terre.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des jours que l’on traverse sans les habiter. Et d’autres qui, silencieusement, nous traversent. Pâques appartient à cette seconde catégorie. À première vue, il ne s’agit que d’une fête religieuse, inscrite dans un calendrier, portée par des rites, parfois réduite à des symboles devenus familiers. Et pourtant, derrière cette apparente simplicité se tient l’une des propositions les plus vertigineuses jamais adressées à l’homme. Car Pâq
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a, chaque année, ce jour presque imperceptible où la lumière bascule. Un matin où l’air n’est plus tout à fait le même. Où quelque chose, sans bruit, recommence. Le printemps ne fait jamais de déclaration. Il ne vote pas. Il ne débat pas. Il advient. Et pourtant, en ce début de saison, le monde semble aller dans une direction exactement inverse. Tandis que la nature s’ouvre, l’humanité se contracte. Tandis que les bourgeons apparaissent
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des phrases qui traversent les siècles comme des éclats de lucidité, des sentences brèves qui contiennent davantage de vérité que de longs discours. Dulce bellum inexpertis « la guerre est douce pour ceux qui ne l’ont pas vécue ». Érasme, en quelques mots, démasque une illusion humaine persistante : celle de croire à la noblesse abstraite de ce que l’on n’a jamais approché. Car la guerre, de loin, s’énonce avec des mots propres. Ell
Rédaction Logos
24 mars3 min de lecture
Parole aux citoyens
Transmission
L’étoffe des héros
Ils sont cinq
Cinq hommes debout, dans la lumière d’un temps que nous appelons aujourd’hui “ancien” comme si cela suffisait à le comprendre.
Uniformes sombres.
Casquettes droites. La voiture derrière eux semble presque accessoire. Ce n’est pas une photo de prestige. C’est une photo de responsabilité.
Dans ma famille, il existait un livre dont on parlait avec une sorte de respect amusé.
Ce livre était Capitaine Casse-Cou.
Mon grand-père en parlait souvent. Avec cette lumière particulière dans les yeux que l’on voit parfois chez ceux qui évoquent leurs lectures de jeunesse.
LOGOS ouvre une nouvelle rubrique : Parole au citoyen.
Parce que la société ne se comprend pas seulement par des chiffres ou des discours politiques,
mais par des expériences vécues.
Logement, sécurité, école, santé, travail, solitude, espoir.
Derrière chaque thème, il y a des femmes et des hommes qui vivent ces réalités au quotidien.
Cette rubrique leur est dédiée.
Des interviews simples, respectueuses, sans caricature.
Des témoignages ancrés dans le réel.
Une écoute exigeante, loin des slogans.
Comme le rappelait Hannah Arendt, la politique naît lorsque les citoyens prennent la parole
dans l’espace commun.
LOGOS vous ouvre cet espace.
Parce qu’une démocratie vivante commence toujours par une voix.
Interview d’un commerçant du centre-ville de Genève « On ne vole plus seulement des objets… on vole la tranquillité » LOGOS donne cette fois la voix à un commerçant indépendant installé depuis plus de quinze ans. Son regard est celui d’un acteur du quotidien, confronté à l’évolution de l’espace public. Par la rédaction LOGOS LOGOS Vous tenez commerce depuis longtemps à Genève. Avez-vous constaté un changement ? Le commerçant Oui. Lentement, mais clairement. Ce ne sont pas for
Rédaction Logos
18 févr.2 min de lecture
Cueillir des cerises pour la Commune, pour les rêves de Jaurès
Il y a des gestes simples qui portent en eux plus de force qu’un discours. Cueillir une cerise, tendre ce fruit fragile et rouge à un ami, c’est déjà faire acte de fraternité. Ce geste, transposé à l’échelle de l’Histoire, devient un symbole : celui de la Commune, de Jaurès, de tous ceux qui ont rêvé que la politique ne soit pas une arène de domination, mais un verger où chacun pourrait partager.
À l’ère du numérique, nos relations passent de plus en plus par des écrans et des images.
Cette transformation ne modifie pas seulement nos outils de communication : elle altère notre manière même d’être présents au monde et aux autres.
Dans cet essai, Patrick Amey propose une réflexion stimulante sur cette mutation anthropologique. Entre sémiotique, philosophie des médias et observation du quotidien, il esquisse le portrait de l’Homo numericus, cet humain contemporain dont la présence sociale se déploie désormais à travers les interfaces et les simulacres numériques.
Jef : l’homme aux mille casquettes, du restaurant Cocorico à l’art du collage
au cœur de la Thaïlande
À Kamala en Thaïlande, Cocorico attire d’abord par sa cuisine subtile, portée par une cheffe birmane au talent éclatant, et par une décoration stylée où tout semble à sa place.
Mais derrière les lumières bien dosées, les rythmes soigneusement choisis et les assiettes d’une sincérité rare, se cache un homme dont la richesse créative dépasse de loin le cadre d’un simple restaurant.
Il existe des archives qui dorment. Et d’autres qui attendent.
Celles-ci nous sont parvenues grâce à un geste rare : un acte de confiance.
En mai 2025, Jacqueline-Aude Corajod a confié à LOGOS les mémoires de son grand-père, Armand Cacheux, artiste genevois formé aux Beaux-Arts, ayant vécu à Paris à la fin du XIXᵉ siècle.
Parmi ses écrits figure un témoignage exceptionnel : la rencontre avec Paul Verlaine dans les dernières années de sa vie, au cœur du Quartier latin.
Ce texte ne relève ni de la légende ni du romantisme tardif. Il montre un homme. Un génie. Une chute. Une lumière.
Nous publions ici ce témoignage fidèle, précédé d’un hommage à la transmission qui l’a rendu possible.
« Logos ne cherche pas à séduire par l’éclat, mais à éclairer par la profondeur. Chaque article m’invite à réfléchir au-delà de l’actualité immédiate. »
Claire, 34 ans, lectrice
Souvenirs
D’un passeur de lumière
Ecrit par Gilles Brand
Derniers articles
Transmission
La dernière leçon
Ecrit par Gilles Brand
Il y a des hommes dont la mémoire ne s’éteint jamais, parce qu’ils ont su allumer en nous un feu qui ne se consume pas.
Mon père était de ceux-là : un passeur de lumière.
Amoureux des étoiles et curieux de la Terre, il savait conjuguer la patience du sage et l’élan de l'aviateur.
Éducation : Et si Genève s’inspirait du Danemark ?
Ecrit par Gilles Brand
Depuis 1993, le Danemark enseigne l’empathie à l’école comme une véritable compétence, au même titre que les mathématiques ou les sciences.
Les enfants y apprennent à comprendre les émotions, à écouter l’autre et à prendre soin du collectif.
Ce choix n’a rien d’anecdotique : il transforme littéralement le cerveau. Les neurosciences montrent que la pratique de l’empathie développe le cortex préfrontal médian, zone clé de la régulation émotionnelle.
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a dans certaines initiatives une élégance rare : celle de ne rien prouver, mais de tout incarner. Le spectacle annoncé au Théâtre de l’Espérance n’est pas simplement une curiosité artistique. Il est autre chose. Une réponse silencieuse à une époque obsédée par la jeunesse, la vitesse et l’obsolescence des êtres. Ici, rien de cela. Des hommes, des voix, des parcours. Des décennies de vie condensées en quelques accords. Et surtout, cette
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des jours que l’on traverse sans les habiter. Et d’autres qui, silencieusement, nous traversent. Pâques appartient à cette seconde catégorie. À première vue, il ne s’agit que d’une fête religieuse, inscrite dans un calendrier, portée par des rites, parfois réduite à des symboles devenus familiers. Et pourtant, derrière cette apparente simplicité se tient l’une des propositions les plus vertigineuses jamais adressées à l’homme. Car Pâq
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il suffit parfois d’un animal pour révéler une époque. Sur le Plateau de Bel-Air dans la Commune de Chêne-Bourg (GE), ce ne sont ni des tensions politiques, ni des bouleversements économiques qui agitent les conversations. Ce sont des renards. Quelques silhouettes furtives, quelques apparitions au détour d’un jardin, et soudain une inquiétude diffuse s’installe. Le phénomène est connu. À mesure que la ville s’étend, les territoires se déplac
Transmission de Jean-Claude Brand - Bâtisseur (1932-1990) « On ne choisit pas toujours le territoire que l’on reçoit. Mais on choisit la manière dont on l’habite. » J’ai construit à une époque où Genève avait encore le sentiment de pouvoir s’étendre. Avanchet-Parc est né de cette idée : organiser un ensemble, donner de l’espace, composer avec le sol. Mais Genève n’est plus dans cette situation. Le canton est étroit. Contraint. Déjà largement occupé. Croire aujourd’hui que l’o
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est une illusion tenace dans notre époque : croire que l’homme se résume à ce qu’il comprend de lui-même. Nous valorisons la conscience. Nous la travaillons, nous l’explorons, nous la revendiquons. Être conscient serait devenir maître de soi. Mais cette idée est fragile. Car l’homme ne se limite pas à ce qu’il perçoit. Il déborde. Il déborde dans ses intuitions, dans ses élans, dans ses contradictions, dans ces gestes inexplicables qui su
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il est des artistes que l’on écoute. Et d’autres que l’on rencontre. Pascal Rogé appartient, sans hésitation, à la seconde catégorie. Il y a quelques années, j’ai eu la chance de le croiser à plusieurs reprises. Non pas dans l’éclat d’une scène, mais dans ces moments plus rares où l’artiste redevient homme. Et déjà, quelque chose frappait, non pas une présence imposante, mais tout l’inverse : une forme de retrait habité. Un romantisme discre
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il fut un temps où l’Occident se pensait comme un bloc. Une entité presque morale, fondée sur une promesse commune : celle de la liberté, de la démocratie, d’un certain rapport au monde hérité des Lumières. Aujourd’hui, ce bloc se fissure. Non pas dans le fracas spectaculaire des ruptures historiques. Mais dans un glissement plus discret, plus insidieux : une divergence lente, presque philosophique, entre deux visions du monde. D’un côté, l’
Par Melody Pepin -journaliste citoyenne Une question bien provocante, me direz-vous, surtout de la part d’une prof de dessin en zone frontalière. Et pourtant, combien de fois ai-je été confrontée à cette question : “Est-ce que tu fais ça par vocation… ou par nécessité ?” Dans un monde où la rentabilité prime, être artiste peut vite être perçu comme une futilité. Une manière de retrouver son âme d’enfant, de s’évader. Avoir du temps pour créer déjà un luxe en soi et produire
Notes pour comprendre le XXIᵉ siècle Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS Il y a quelque chose d’étrange dans notre époque. Nous regardons la politique comme on regarde une scène. Nous attendons des prises de parole comme on attend des épisodes. Et, sans vraiment nous en rendre compte, nous avons changé de position : nous ne sommes plus seulement citoyens, nous sommes devenus spectateurs. Le basculement ne s’est pas fait d’un coup. Il s’est installé à mesure que l’image prenait
Rédaction Logos
il y a 4 jours2 min de lecture
Je les revois encore, dans les cahiers cornés, dans les pupitres griffonnés, dans ces yeux d’élèves qui brillaient quand je parlais de justice, de courage, de fraternité.
Nous croyions que lever le poing suffisait à changer le monde. Nous pensions que l’élan de la jeunesse durerait toujours, comme un feu qu’aucun vent ne pourrait éteindre.
Aujourd’hui, ce feu a laissé des braises. Sous mes paupières fatiguées, il y a des trous, des manques, des nuits qui me rappellent que nos espérances furent brèves, trop brèves.
Un sujet, une résonance, plusieurs éclairages.
Ici, Logos prend le temps de dépasser l’actualité pour en explorer le sens. Chaque thème devient une porte vers l’essentiel : entre idéal et réel, héritage et avenir.
« On ne naît pas lecteur, on le devient. »
Ce proverbe pourrait figurer en exergue du constat alarmant qui traverse la Suisse contemporaine : près d’un quart des jeunes de quinze ans ne maîtrisent pas la lecture à un niveau suffisant, pas seulement pour déchiffrer des phrases, mais pour saisir un propos, évaluer une source, naviguer dans un monde saturé de textes (papiers, écrans, discours).