Saint Michel face aux ténèbres : le dernier symbole debout de l’Occident
- Rédaction Logos

- 17 nov.
- 3 min de lecture
Par Rédaction LOGOS

Il arrive que les paysages parlent plus fort que les discours. Face au ciel immense, au-dessus des marées et du vent, une silhouette dorée continue de défier l’horizon : l’archange Saint Michel, lance en avant, ailes ouvertes, point d’équilibre entre le ciel et la terre.
Ce n’est pas seulement une statue.
C’est un geste.
Un rappel.
Un avertissement peut-être.
L’Occident, aujourd’hui, ressemble souvent à cette mer grise qui s’étend derrière lui : mouvante, incertaine, agitée de courants contradictoires. Une civilisation qui doute, qui vacille, qui s’essouffle parfois dans le relativisme, dans la fatigue morale, dans le refus de nommer ce qui menace et de protéger ce qui fonde.
Saint Michel, lui, ne discute pas les ténèbres. Il leur fait face.
L’archange : image d’un Occident oublié de lui-même
Ce n’est pas un hasard si, depuis des siècles, les peuples ont placé Michel au sommet de leurs montagnes, de leurs cathédrales, de leurs îles sacrées. Là où commence la lumière.
Là où l’homme se souvient qu’il doit choisir entre le courage et l’abdication.
Michel n’est pas une figure d’agressivité :il est le gardien.
Le rempart entre l’ordre et le chaos. Il ne frappe que pour protéger.
Mais l’Occident contemporain ne sait plus très bien ce qu’il doit protéger.
Il hésite à défendre sa culture, de peur d’être jugé. Il hésite à défendre sa liberté, de peur de la perdre. Il hésite même à défendre ses enfants, de peur d’être ferme.
Il a troqué la clarté des principes contre l’infinie mollesse de la culpabilité.
Et pourtant, sur ce clocheton qui perce les nuages, Michel rappelle ceci :une civilisation qui ne sait plus ce qu’elle aime ne sait plus ce qu’elle doit défendre.
Le combat intérieur : la seule bataille qui compte vraiment
Les « ténèbres », aujourd’hui, ne sont pas celles des mythes. Elles sont plus subtiles, plus quotidiennes :
la fatigue morale,
la perte du sens,
la dislocation du commun,
l’oubli des vertus,
l’addiction aux petites fuites,
le refus d’habiter le réel.
Nous ne vivons pas sous le règne du Mal spectaculaire, mais sous celui du vide, ce que les philosophes appelaient acédie, ce ralentissement intérieur qui ronge les peuples avant qu’un ennemi extérieur ne les menace.
Le combat de Michel est donc d’abord un combat intérieur :celui de la lucidité contre la paresse, du courage contre l’indifférence, du sens contre la dérive.
C’est pourquoi il ne regarde pas en arrière. Il fixe l’horizon. Comme si le monde dépendait de la direction de son regard.
Un symbole pour renaître : la verticalité, la lumière, l’honneur
Pourquoi l’Occident l’a-t-il placé si haut ?Parce que Michel incarne trois vertus que nos sociétés ont négligées mais qui seront nécessaires pour survivre au siècle qui vient :
La verticalité
L’homme qui ne regarde plus vers le haut finit par ramper sans même s’en apercevoir.
La verticalité n’est pas religieuse : elle est existentielle. C’est l’idée que la vie n’est pas seulement ce qui nous arrive, mais ce que nous nous efforçons de devenir.
La lumière
Dans la tradition, Michel combat toujours dans la clarté. Il ne se cache pas, ne manœuvre pas, ne complote pas :il éclaire. L’Occident aura besoin de cette transparence courageuse pour affronter ses défis, migratoires, technologiques, culturels, géopolitiques, sans se perdre dans le ressentiment ou la peur.
L’honneur
Mot oublié, mais essentiel. L’honneur n’est pas l’orgueil : c’est la fidélité à ce qui nous dépasse. À une mémoire, à une terre, à une sagesse, à un héritage.
L’homme d’honneur ne trahit pas, ne ment pas ,ne fuit pas. Il tient.
Michel n’est pas un mythe : il est une question
Vue ainsi, surplombant les marées, la statue de Saint Michel pose une seule question, une question dure, presque brutale, mais qui contient toute la dignité de notre civilisation :
« Es-tu encore capable de faire face ? »
Face au réel, face aux menaces, face à toi-même.
Si l’Occident veut renaître, ce ne sera pas par des slogans ni par des réformes technocratiques. Ce sera par un retour à cette posture : debout, clair, décidé.
Comme cet archange immobile, qui rappelle aux hommes que la lumière ne se défend pas seule.






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