Sous le ciel qui demeure
- Rédaction Logos

- 12 déc. 2025
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

La scène est silencieuse. Un chemin enneigé, quelques arbres nus, une maison à peine visible. Et au-dessus, un ciel saturé d’étoiles, presque excessif, comme si l’univers s’était soudain rapproché de la terre.
Rien ne se passe. Et pourtant, tout est là.
La disproportion fondamentale
L’image nous confronte à une vérité que la modernité évite : la disproportion entre l’homme et le monde. Le paysage est humble, presque fragile. Le ciel, lui, est infini, indifférent, immémorial.
Cette disproportion n’est pas humiliante. Elle est fondatrice. Elle rappelle à l’homme qu’il n’est pas le centre, mais un passant.
Dans ce monde enneigé, aucune trace de vitesse, aucune urgence. Le chemin ne mène nulle part de précis. Il traverse simplement l’espace, comme une vie traverse le temps.
Le silence comme résistance
Ce qui frappe, c’est le silence. Un silence ancien, antérieur à nos discours, à nos indignations, à nos certitudes.
Dans ce silence, l’image oppose une résistance tranquille à notre époque bavarde. Elle dit, sans mots, que tout ne doit pas être expliqué, commenté, revendiqué.
Certaines vérités ne se livrent qu’à ceux qui acceptent de se taire intérieurement.
Le ciel n’explique rien. Il demeure.
La maison et l’infini
La petite maison, presque effacée, n’est pas un refuge héroïque. Elle est simplement là, fragile, humaine. Elle ne défie pas le ciel, elle cohabite avec lui.
C’est peut-être cela, la sagesse oubliée :ne pas chercher à dominer l’infini, mais apprendre à y habiter sans arrogance.
La maison n’éclaire pas le ciel. Le ciel n’écrase pas la maison. Ils existent ensemble, dans une tension silencieuse.
Une leçon de temps long
Cette image appartient au temps long, celui que nos sociétés ont perdu. Un temps sans notifications, sans urgence programmée, sans promesse de progrès immédiat.
Le ciel étoilé rappelle que tout ce que nous croyons décisif est souvent éphémère, tandis que ce qui semble immobile, la nuit, les saisons, le passage du froid, structure réellement nos existences.
Le chemin enneigé n’est pas une métaphore de la performance. C’est une métaphore de la persévérance discrète.
Et enfin, apprendre à lever les yeux
Cette image ne demande rien. Elle n’accuse pas, elle ne persuade pas, elle ne milite pas.
Elle invite simplement à lever les yeux, non pour fuir le monde, mais pour le replacer à sa juste échelle.
Dans un monde obsédé par l’action, elle rappelle la valeur de la contemplation.
Dans un monde qui se croit central, elle rappelle la périphérie.
Dans un monde inquiet, elle offre une forme rare de paix : celle qui naît quand l’homme accepte de ne pas tout maîtriser.
Sous ce ciel, l’homme redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être :un être de passage, capable d’émerveillement.







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