Chêne-Bourg, le signal faible d’une fragilité forte
- Rédaction Logos

- 17 oct.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 23 heures

Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS
Chroniqueur politique
Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local.

Les chiffres ont parfois la discrétion des avertissements : ils ne crient pas, mais ils avertissent. Et le dernier rapport de péréquation cantonale en dit long. Chêne-Bourg, autrefois commune équilibrée et ambitieuse, voit aujourd’hui sa situation se détériorer : hausse de la péréquation, baisse dans l’indice de précarité, fragilité fiscale en progression.
Des données froides, mais un signal clair : la commune s’appauvrit lentement.
Cette évolution ne tient pas à une mauvaise gestion, mais à une structure territoriale et sociale déséquilibrée. Le tissu de Chêne-Bourg, dense et vieillissant, peine à attirer de nouveaux contribuables. La classe moyenne s’effrite, la mobilité résidentielle s’accroît, et les recettes fiscales ne compensent plus les charges sociales croissantes.
Le cœur communal bat encore, mais le souffle fiscal s’essouffle.
Pourtant, les leviers existent. Et c’est dans l’aménagement du territoire que se joue désormais l’avenir.
Une commune ne se redresse pas uniquement par la rigueur budgétaire : elle se reconstruit par la diversité de ceux qui l’habitent.
Chêne-Bourg doit oser une politique de mixité raisonnée, qui permette à la fois le logement pour tous et l’accueil de nouvelles forces contributives.
Diversifier la population, ce n’est pas exclure : c’est équilibrer. C’est redonner à la ville sa respiration naturelle, celle d’un lieu où chaque catégorie sociale trouve sa place, où la solidarité ne repose pas sur quelques-uns, mais sur tous.
Un urbanisme intelligent, une offre de logements pour les familles actives et les PME : voilà le socle d’une renaissance économique durable.
Car la solidarité sans vitalité devient dépendance, et la dépendance finit par miner la dignité. Sénèque l’avait écrit :
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Oser, pour Chêne-Bourg, c’est penser autrement son espace et son destin.
C’est reconnaître que l’aménagement du territoire n’est pas qu’une affaire de planification, mais un outil moral et politique : celui qui permet d’harmoniser la cité, de corriger ses déséquilibres et de rendre la solidarité pérenne.
L’objectif n’est pas la richesse, mais la stabilité.
Une commune prospère n’est pas celle qui accumule, mais celle qui circule où l’énergie économique, culturelle et sociale se régénère dans un mouvement continu.
Dans la pensée de Cicéron, la cité est un organisme vivant : elle croît, elle respire, elle s’ajuste.
Chêne-Bourg, pour rester fidèle à cette sagesse, doit retrouver le courage de la transformation, celle qui mêle la raison à la vision, la mesure à la volonté.






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