Les Trois-Chêne : un même nom, trois destins
- Rédaction Logos

- 2 déc. 2025
- 2 min de lecture

Par Georges Dunand - journaliste citoyen LOGOS
Chroniqueur politique
Observateur méthodique de la vie publique genevoise, Georges Dunand analyse la politique sans effets de manche. Son style sec, précis et légèrement ironique démonte les discours convenus et expose les mécanismes réels du pouvoir local.

Il y a des territoires qui donnent l’illusion de l’unité.
Les Trois-Chêne en font partie : trois communes, trois frontières poreuses, trois histoires qui s’entrecroisent. Un même bassin de vie, une même colonne vertébrale urbaine, des milliers d’habitants qui circulent sans même sentir les limites administratives.
Mais lorsqu’on regarde les chiffres, ces révélateurs impassibles, l’unité se fissure.
Les Trois-Chêne ne suivent plus la même trajectoire depuis longtemps.
Ce que la géographie rassemble, la capacité financière sépare.
Chêne-Bougeries : la montée vers l’aisance
Avec un IGCF qui s’envole de 136 à 226 en sept ans, Chêne-Bougeries devient une commune de haute capacité, presque un Genthod oriental. Une richesse tranquille, sans éclat, mais solide, nourrie par une base fiscale élevée et un territoire peu chargé.
C’est la locomotive silencieuse du secteur.
Chêne-Bourg : le point de tension
À l’autre extrême, Chêne-Bourg.
Son indice s’effrite, glisse, perd de la substance, 53.92 en 2018 et 52.01 en 2025.
Une stagnation qui est en réalité une érosion.
Commune dense, fortement sollicitée, surchargée de missions publiques mais pauvre en revenus structurants. Elle concentre les pressions, mais ne capte pas les ressources.
Chêne-Bourg devient le maillon fragile d’un territoire pourtant central.
Thônex : l’équilibriste qui vacille
Longtemps stable, Thônex plonge à son tour, passant de 74.86 à 52.74.La densification, les charges scolaires et sociales, la croissance démographique rapide… tout cela finit par peser. Et la courbe, désormais, s’incline.
Thônex bascule du confort vers la tension.
Elle rejoint Chêne-Bourg dans la zone de vulnérabilité.
Trois communes, trois vitesses
L’image est nette :
Chêne-Bougeries monte.
Thônex descend.
Chêne-Bourg décroche.
Un territoire continu, mais des dynamiques opposées.
Une ligne de tram, mais des fortunes divergentes.
Une identité partagée, mais des destins distincts.
Le message derrière les chiffres
Un indice financier ne raconte jamais toute l’histoire. Mais il dit l’essentiel : la manière dont une commune porte sa population, supporte ses charges, capte sa richesse, construit son avenir.
Les Trois-Chêne, aujourd’hui, ne sont plus trois variations d’un même modèle.
Ils sont trois réponses différentes à une même pression.
Et cette divergence pose une question politique majeure : que devient un territoire quand ses communes s’éloignent les unes des autres ?
« L’unité n’est jamais un acquis. Elle se cultive, elle se pense, elle se corrige. Les Trois-Chêne en sont le rappel : un nom commun ne suffit pas à faire une trajectoire commune. »







Merci aussi pour cet article à propos des Trois Chênes. J'ai la chance de vivre à Chêne-Bougeries où je me sens vraiment bien. La chance que nous avons est peut-être due à notre situation par rapport à la frontière française dont nous sommes les plus éloignés... La France étant en voie de sous-développement grâce aux "bons soins" de l'équipe dirigeante actuelle, contre l'adversité, il nous faut rester unis et forts... comme le chêne, beau symbole de nos trois communes.