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Nous ne possédons rien, nous ne faisons que transmettre

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    Rédaction Logos
  • 3 sept.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand – Logos


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L’illusion la plus tenace de l’homme moderne est celle de la possession.

Nous croyons posséder des biens, des maisons, des titres, des idées.

Nous disons « ceci est à moi », comme si le monde devait nous appartenir.

Et pourtant, la réalité est plus humble : nous ne possédons rien, nous ne faisons que transmettre.

Car même nos plus grandes conquêtes ne sont que des dépôts provisoires.

La maison que nous habitons portera un autre nom demain.

Le livre que nous écrivons sera lu ou oublié par d’autres. Le savoir que nous croyons tenir nous a été confié par des générations de maîtres, et il se transformera encore dans l’esprit de ceux qui viendront après nous.


La vie elle-même nous le rappelle : nous ne sommes pas propriétaires de nos jours, mais locataires du temps. Chaque instant nous traverse, et déjà il s’échappe. Ce que nous croyons garder se dissout dans le flux, sauf si nous le donnons. Ce que nous gardons, nous le perdons ; ce que nous transmettons, nous le faisons vivre.


Transmettre, ce n’est pas répéter à l’identique. C’est accepter que ce que nous avons reçu soit repris, modifié, recréé. Celui qui transmet doit avoir l’humilité d’un passeur de relais : il n’est ni l’origine ni la fin, mais un maillon de la chaîne. La sagesse n’est pas de conserver, mais de laisser circuler.

Il en est ainsi des traditions, des savoirs, mais aussi des gestes les plus simples : une recette donnée à un enfant, une histoire racontée au coin d’un feu, une attitude de respect ou de courage. La transmission ne se limite pas aux grandes œuvres, elle se glisse dans le quotidien. Elle est le fil discret qui tisse la continuité de l’humanité.


Et au fond, n’est-ce pas cela qui donne sens à nos existences ? Si nous ne possédons rien, nous pouvons au moins transmettre.


L’héritage n’est pas accumulation mais circulation. Il ne s’agit pas de posséder la lumière, mais de l’entretenir assez pour qu’un autre la reçoive.

Nous sommes tous des passeurs. Et peut-être que la dignité humaine se trouve là : dans le courage de reconnaître que ce que nous avons n’est jamais vraiment à nous, mais toujours à confier.

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