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Jef : l’homme aux mille casquettes, du restaurant Cocorico à l’art du collage

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 19 janv.
  • 3 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS


À Kamala en Thaïlande, Cocorico attire d’abord par sa cuisine subtile, portée par une cheffe birmane au talent éclatant, et par une décoration stylée où tout semble à sa place.

Mais derrière les lumières bien dosées, les rythmes soigneusement choisis et les assiettes d’une sincérité rare, se cache un homme dont la richesse créative dépasse de loin le cadre d’un simple restaurant.

Jef n’est pas seulement restaurateur. Il est musicien, assembleur d’ambiances, curateur de vie nocturne…Et surtout : un artiste du collage, héritier direct des grands noms du pop art américain.


Un artiste nourri par Warhol, Basquiat, Villeglé, Rotella

Influencé par l’esthétique flamboyante et contestataire du pop art américain, Jef s’inscrit naturellement dans la lignée de Warhol, Basquiat, Villeglé et Rotella.

Le collage n’est pas pour lui une technique parmi d’autres :c’est un langage.

Son univers visuel est traversé par l’âge d’or hollywoodien, par les figures mythiques de Steve McQueen, Marilyn Monroe ou James Dean, par l’énergie brute de New York,

la Grosse Pomme, qu’il réinterprète avec une liberté incomparable.


Des œuvres pleines d’énergie, de mouvement et de vitalité

Les collages de Jef frappent par leur dynamisme. Ses traits noirs ou rouges, électrifiés, donnent aux œuvres un mouvement quasi cinétique.

Les éléments lacérés puis recollés, volontairement disproportionnés, créent des perspectives inattendues :on a l’impression d’entrer dans l’image, d’être emporté par la scène.

Sa palette « flashy », son style bande dessinée très pop, son goût de la narration visuelle donnent à ses compositions une vitalité presque contagieuse, un art qui ne cherche pas la distance, mais l’immersion.


Un pop art réinventé, personnel et profondément incarné

On ne peut nier l’héritage du pop art : graphismes tranchés, couleurs franches, effets contrastés, références américaines omniprésentes. Mais chez Jef, le pop art devient une matière vivante, un terrain d’expression personnel.

Il introduit dans ses œuvres des mots, des onomatopées, des fragments textuels proches du graffiti. Il mélange photographies, affiches lacérées, aplats de couleurs, tout en conservant une cohérence visuelle remarquable.

Il aborde l’actualité avec humour, rend hommage au cinéma américain des années 50-60, revisite la mythologie moderne avec une touche désinvolte et joyeuse.

Son objectif est clair :faire un art populaire, sans prétention, mais profondément humain.


Cocorico : le lieu où ses mille vies se rejoignent

Dans son restaurant, Jef combine ses mondes. La cuisine, la musique, le street art, les collages : tout s’y répond. Cocorico n’est pas seulement un espace où l’on mange, c’est une scène. Un lieu de passage où l’on peut croiser des voyageurs, des artistes…ou même Bob Sinclar, attablé en toute simplicité, dégustant un plat comme si le temps venait de ralentir.

Ce n’est pas un hasard : Jef possède autour de lui un réseau dense de musiciens, DJ, créateurs, navigateurs, acteurs, une constellation de personnalités séduites par son authenticité.

Parmi ceux qui admirent son travail :Bob Sinclar, le navigateur Thomas Coville, le chanteur Stanislas, l’acteur Jean Reno. Tous reconnaissent chez lui une forme rare de créativité sincère.


Un artiste complet, un homme-monde

Jef fait partie de ces êtres qui ne s’enferment jamais dans une seule identité.

Restaurant stylé, cheffe birmane cinq étoiles, street art vibrant, œuvres de collage, ambiance musicale unique…Tout chez lui est un assemblage, comme ses collages. Un assemblage vivant, dynamique, sans posture ni prétention.

Il prouve qu’un lieu peut avoir une âme. Que l’art peut naître dans un restaurant. Que la créativité, quand elle est vraie, trouve toujours son public.

L’élégance de la multiplicité

Méticuleux sans rigidité, généreux sans bruit, créatif sans arrogance, Jef incarne une forme de modernité lumineuse : celle de l’homme pluriel. Son art du collage est le miroir de

sa vie : éclaté, vibrant, assemblé, cohérent.


À Kamala, on ne vient pas seulement chez Cocorico. On vient chez Jef, l’artiste, le cuisinier, le mélomane, le street artist, l’homme aux mille casquettes…

Et celui qui, sans jamais l’avoir cherché, est devenu une œuvre à lui seul.



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