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Sous l’horizon des mers - Rimbaud

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 7 heures
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS



« Des arcs-en-ciel tendus comme des brides sous l’horizon des mers. »


On dirait que le monde retient son souffle.

Il ne s’agit plus d’un ciel après la pluie. Il ne s’agit plus d’un paysage.

Il s’agit d’un secret.

Sous l’horizon des mers, cette ligne où l’infini feint de se laisser toucher, quelque chose est tendu.

Pas suspendu. Tendu.

Comme si la lumière elle-même devait être tenue en laisse.

Comme si la couleur n’était pas libre, mais maintenue dans une tension invisible.

On imagine les océans immenses, lents, profonds, respirant dans l’ombre.

Et sous leur courbe lointaine, des arcs silencieux, invisibles à l’œil distrait, mais présents comme des nerfs lumineux.

Ils ne décorent pas le monde. Ils le soutiennent.

Ils sont les brides du réel.

La mer pourrait se renverser. Le ciel pourrait s’effondrer. Mais ces arcs maintiennent la courbure des choses.

Ils sont peut-être la tension entre le visible et l’invisible. Entre l’enfance et l’exil. Entre la promesse et la fuite.

On sent dans ce vers une jeunesse trop grande pour elle-même.

Une intensité qui ne veut pas dormir. Une lumière qui ne sait pas encore si elle doit bénir ou brûler.

Rimbaud ne contemple pas.

Il voit derrière.

Il voit que le monde n’est pas posé. Il est retenu.

Chaque horizon est une couture fragile. Chaque couleur est une fracture maîtrisée.

Et nous marchons sans savoir que sous nos regards ordinaires, des arcs tendus soutiennent l’équilibre du monde.

Peut-être est-ce cela, la poésie.

Non pas embellir. Mais révéler les forces invisibles.

Dire que la beauté n’est pas molle. Qu’elle est tension pure. Qu’elle est corde vibrante.

Et qu’il suffit d’un regard, un seul, pour entendre, sous l’horizon des mers, le frémissement lumineux des arcs qui tiennent encore.


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