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Le chemin de l’école

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS



Il y avait ce chemin.

Un chemin droit, de gravillons clairs, qui quittait la maison et filait vers l’école comme une phrase simple que l’on répète chaque matin.

De chaque côté, les pruniers levaient leurs branches blanches dans l’air du printemps. Les fleurs tremblaient à peine. Il suffisait d’un souffle pour que les pétales se détachent et tombent sur la route comme une pluie lente.



Derrière les arbres apparaissaient les maisons, modestes des cités minières d’Alsace, avec leurs clôtures légères, leurs petits jardins encore pleins de la nuit. Parfois une porte grinçait, parfois un chien saluait le matin. Le monde s’éveillait sans bruit.

Et moi, je marchais.


Il y a dans l’enfance une gravité secrète. On avance sans savoir vers quoi.

Le chemin de l’école est déjà une première philosophie.

Il apprend la distance.

On quitte la maison, ce petit royaume chaud où tout est donné, pour entrer dans un autre espace, plus vaste, plus incertain. Là commencent les mots qui nomment le monde, les nombres qui l’ordonnent, les histoires qui traversent les siècles.

Mais avant cela, il y a la marche.


Le crissement des gravillons sous les pas. Les pétales qui dérivent dans l’air.

Le matin qui ouvre lentement ses yeux.

C’est peut-être là que la pensée naît vraiment.

Dans cette traversée presque silencieuse entre deux lieux : la maison et l’école, l’intimité et le monde, l’enfance et l’esprit.

Rimbaud aurait compris cela.

Car la connaissance ne commence pas que dans les livres. Elle commence dans le regard.

Dans la manière dont un enfant voit la lumière tomber sur une route, ou la manière dont un arbre se penche au-dessus d’un chemin.


L’école attendait au bout.

Elle apparaissait peu à peu, derrière les branches. Un bâtiment simple, posé dans la lumière du matin.

Mais à cet âge, on ne savait pas encore que derrière ces murs se trouvaient les grandes clefs invisibles : les mots, les idées, la pensée.

On marchait seulement.

Et pourtant, chaque matin, sans le savoir, on avançait vers quelque chose d’immense.

Vers cette lente métamorphose par laquelle un enfant commence à comprendre le monde.

Aujourd’hui encore, lorsque je repense à ce chemin bordé de pruniers, il me semble qu’il n’a jamais disparu.


Il existe quelque part dans la mémoire comme une saison suspendue.

Le premier chemin de l’esprit. Le premier chemin vers la connaissance.




Conseil de LOGOS

N’oubliez jamais que la connaissance ne commence pas seulement dans les livres, mais dans le regard que nous portons sur le monde.

Avant d’apprendre à expliquer les choses, apprenez d’abord à les observer.

Car la pensée naît souvent d’un simple chemin parcouru en silence.




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