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Capitaine Casse-Cou

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Le livre qui faisait rêver mon grand-père


Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS





Dans ma famille, il existait un livre dont on parlait avec une sorte de respect amusé.

Ce livre était Capitaine Casse-Cou.

Mon grand-père en parlait souvent. Avec cette lumière particulière dans les yeux que l’on voit parfois chez ceux qui évoquent leurs lectures de jeunesse.

Il ne racontait pas seulement une histoire.

Il racontait un monde.



Dans ce monde galopaient les cavaliers, les trains militaires traversaient les plaines brûlées d’Afrique et, au milieu de ces combats lointains, surgissait une figure audacieuse : une jeune femme déguisée en officier, combattant sous le nom de Capitaine Casse-Cou pour sauver son frère.


Pour l’enfant qu’il avait été, ce livre ouvrait des horizons immenses.

Il faut se souvenir de ce qu’étaient les livres à cette époque.

Le monde était encore lointain. Les voyages rares. Les images presque inexistantes.

Alors les romans devenaient des navires.


On quittait la table de la cuisine, la chambre d’enfant ou la petite maison familiale… et soudain l’on traversait les océans.


Ce roman avait été écrit par Emilio Salgari, un auteur italien dont les aventures ont fait rêver des générations de lecteurs.


Et pourtant, ironie magnifique : cet homme qui fit voyager l’imagination de l’Europe entière avait lui-même très peu parcouru le monde.

Ses jungles venaient des cartes. Ses océans des récits de marins. Ses déserts des atlas.

Mais l’imagination faisait le reste.

Elle créait des continents.

Aujourd’hui, nos sociétés voient tout.

Les images circulent instantanément. Les satellites observent la Terre entière.

Les voyages sont devenus ordinaires.


Mais peut-être avons-nous perdu quelque chose.

Ces livres anciens possédaient une force particulière : ils obligeaient le lecteur à rêver le monde.

Et parfois, dans le regard d’un grand-père évoquant un roman d’aventure, on comprend que ces voyages imaginaires ont laissé une trace durable.

Car certains livres ne racontent pas seulement des histoires.

Ils façonnent des souvenirs. Ils accompagnent une vie.

Et il arrive qu’un jour, bien des années plus tard, un petit-fils ouvre à son tour ce vieux livre —et entende encore, très loin dans les pages, le galop des chevaux dans les plaines d’Afrique.



Conseil de LOGOS

Interrogez vos parents ou vos grands-parents sur le livre qui les a fait rêver enfants.

Vous découvrirez souvent que ces lectures anciennes racontent aussi une histoire plus profonde :celle de la formation d’une imagination.


En hommage à Emile


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