Souvenir : D’un passeur de lumière
- Rédaction Logos

- 29 sept.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

Il y a des hommes dont la mémoire ne s’éteint jamais, parce qu’ils ont su allumer en nous un feu qui ne se consume pas.
Mon père était de ceux-là : un passeur de lumière.
Amoureux des étoiles et curieux de la Terre, il savait conjuguer la patience du sage et l’élan de l'aviateur.
À travers sa lunette, il traquait les comètes et les constellations comme d’autres traquent les souvenirs. Son regard bleu s’éclairait alors d’une intensité rare : celle de ceux qui savent que le ciel n’est pas seulement un décor, mais une promesse.
Son héritage n’a pas été fait que de biens, mais de gestes.
Il m’a appris que l’élégance se trouve dans l’anonymat, que la grandeur se cache dans la modestie, et que la beauté du geste compte plus que les éclats de la gloire.
Un peu de Mozart pour la musique, un soupçon du Corbusier pour l’invention, un grain de Zola pour la littérature, et un souffle de Saint Exupéry pour l’aventure : voilà l’alchimie de sa présence.
Il m’a transmis l’art rare d’aimer hier tout en croyant à demain.
Son regard sur le passé n’était pas nostalgie, mais reconnaissance ; son regard sur l’avenir n’était pas illusion, mais confiance.
Dans ce monde où tant se plaignent et doutent, il a résisté par l’émerveillement.
Un jour, il est parti, comme s’il suivait une comète qui lui faisait signe. Mais il n’est pas vraiment parti. Chaque fois que je lève les yeux vers le ciel nocturne, je retrouve ce fil invisible qu’il a tendu entre les étoiles et ma vie. Et dans ce fil, il y a encore son souffle, son sourire, et cette force discrète qui me pousse à continuer à marcher.
Mon père m’a appris qu’il n’y a pas d’autre héritage que la lumière que l’on laisse derrière soi. C’est elle, et seulement elle, qui demeure.
En souvenir de JC Brand






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