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Genève: De l'écrin au tumulte

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture

Par Claude Barthe - journaliste citoyenne



Préface de la rédaction LOGOS


Il est des textes qui dérangent parce qu’ils nomment ce que l’on préfère taire.

Celui de Claude Barthe appartient à cette catégorie rare : celle des regards qui interrogent, non pas à la marge, mais au cœur même de nos évidences.

À travers le récit d’une ville qui se transforme, c’est bien plus qu’une évolution urbaine qui est décrite. C’est une mutation silencieuse, presque imperceptible au quotidien, mais dont les effets, eux, s’accumulent, jusqu’à modifier en profondeur l’équilibre d’un lieu, son rythme, et peut-être même son âme.

Faut-il y voir un progrès, une adaptation, ou une perte ? La question reste ouverte.

Chez LOGOS, nous avons fait le choix de publier ce texte non pour imposer une lecture, mais pour inviter à une réflexion. Car comprendre le monde contemporain, c’est aussi accepter d’en examiner les tensions, les ambiguïtés, et parfois les fragilités.




Par Claude Barthe - journaliste citoyenne


Il était une fois une petite ville suisse qui figurait aux bords d’un lac, entourée de chaînes de montagnes qui lui faisaient comme un écrin. Elle vivait de plusieurs industries locales qui contribuaient à sa renommée : horlogerie, instruments de physique et de précision, machines à coudre, motocyclettes. Des petites entreprises de toutes sortes faisaient vivre la commune.




À côté, au service des habitants, s’étaient installés des commerces : épiceries, boucheries, charcuteries, laiteries, fromageries, etc. Sans oublier le commerce de la banque qui conférait à cette petite ville une certaine renommée, avec un fort apport de clients étrangers.


Toutefois, en son sein, un changement de nature s’était installé : la SDN, la Société des Nations. Quelle fierté, au départ, pour cette petite ville. Et quelle aubaine pour l’économie. Il fallut créer un nouveau quartier pour recevoir et loger les fonctionnaires de ces organisations internationales.

Les bâtiments se montaient à plein régime.

Mais, en contrepartie, le petit commerce se trouvait peu à peu fragilisé, car l’ONU, nouvelle appellation de la SDN, disposait de ses propres circuits, de ses propres marchés où pouvaient se fournir les fonctionnaires internationaux.

Tout cela créa beaucoup de mouvement, attirant des personnes de tous les pays membres de l’ONU.


Comme toujours, quelques opportunistes de tous bords vinrent profiter de cette dynamique. Peu à peu, sous les yeux de tous, la ville s’agglutina, se transforma, se dénatura, forcée de s’étendre sous le poids des immeubles, grandissant trop vite.


Aujourd’hui, cette petite ville n’est plus une petite ville. Elle est devenue autre chose : plus grande, mais aussi plus triste et plus monotone.

Elle a perdu son âme.

Elle a adopté les traits et les exigences des grandes villes, en héritant aussi de leurs défauts. Certes, on y trouve presque tout, et l’on peut y faire l’expérience de presque tout.


Il y a du bon et du mauvais.

Le bon subsiste encore dans certains lieux, dans certaines habitudes, dans une forme de vie qui reste saine et rassurante. Mais le reste…


Et voilà.


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