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Marcher encore

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Regard d’un podologue et rédacteur de LOGOS sur l’état de la podologie


Il est étrange d’écrire sur son propre métier.

Depuis bientôt quarante ans, j’observe les pieds. Je les soigne, je les corrige, je les soulage. Je les vois vieillir, se déformer, résister.

Et en parallèle, je rédige pour LOGOS. Je réfléchis aux fractures de notre époque. Je scrute les lignes invisibles qui structurent nos sociétés.

Or, la podologie n’est pas un simple métier technique. Elle est un miroir discret de notre civilisation.


Le pied, cet oublié

Nous vivons dans une société qui valorise le haut :le cerveau, l’image, la performance, l’apparence.

Le pied, lui, est humble. Il porte sans être vu. Il supporte sans être célébré.

Pourtant, il est la condition de notre verticalité. Sans pied stable, pas de marche.

Sans marche, pas d’autonomie. Sans autonomie, pas de dignité.

La podologie travaille dans cette zone basse et essentielle. Elle soigne la base.


L’évolution du métier

En quarante ans, la profession a profondément changé.

La technicité s’est accrue : matériaux innovants, analyses biomécaniques plus fines, outils numériques. Les patients sont mieux informés, parfois trop.

Internet a remplacé l’ancienne confiance spontanée.


Dans mon cabinet, comme chacun peut le découvrir ici →https://sbsolutionch.wixsite.com/podologie-chene , je constate chaque jour cette évolution : des patients plus informés, mais aussi plus inquiets, plus pressés, plus exigeants.

Une tension nouvelle est apparue :la santé est de plus en plus perçue comme un service immédiat.

On ne veut plus comprendre son corps. On veut une solution rapide.

La podologie, elle, exige du temps. Adapter une semelle, corriger une posture, accompagner une pathologie chronique : ce n’est pas un geste magique. C’est un dialogue.


Vieillissement et chronicité

La population vieillit. Les pathologies métaboliques augmentent. Le diabète, les troubles vasculaires, les déséquilibres liés à la sédentarité deviennent courants.

La podologie est en première ligne.

Le pied diabétique, par exemple, n’est pas qu’une affaire de peau. Il est l’expression d’un déséquilibre global.

Demain, le podologue devra être encore plus intégré dans une approche pluridisciplinaire : médecins, infirmiers, physiothérapeutes, nutritionnistes.

La technique ne suffira pas. Il faudra une vision.


Numérisation et intelligence artificielle

La numérisation entre dans nos cabinets. Scan 3D, modélisation, fabrication assistée.

L’intelligence artificielle promet d’analyser les pressions plantaires mieux que l’œil humain.

Mais une question demeure :Peut-on automatiser la relation ?

Le pied raconte une histoire. Une fatigue. Un métier. Un deuil parfois.

Aucun algorithme ne perçoit la fragilité dans une voix, la lassitude dans un regard.

La podologie de demain devra conjuguer haute technologie et haute humanité.


Marcher comme acte philosophique

À LOGOS, nous parlons souvent de responsabilité, de liberté, de verticalité.

Marcher est un acte philosophique.

Marcher, c’est avancer. C’est accepter le déséquilibre permanent car chaque pas est une chute évitée.

Le podologue travaille dans cet interstice :entre chute et stabilité.

Il accompagne l’homme debout.


Et enfin, la base invisible

En tant que rédacteur de LOGOS, j’observe les fractures de notre époque.

En tant que podologue, je soigne celles, invisibles, qui passent par les appuis.

Les sociétés, comme les corps, tiennent par leur base.

Si la base s’affaiblit, tout vacille.

Prendre soin des pieds, c’est prendre soin de la capacité à avancer.

Et avancer demeure, malgré tout, notre devoir le plus humble.


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