Et si… le beau n’était pas toujours une bonne chose ?
- Rédaction Logos

- il y a 4 heures
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Par Mélody Pepin - journaliste citoyenne

Si la semaine dernière j’évoquais les fonctions essentielles du beau dans notre quotidien, explorons aujourd’hui une autre facette. Vous ne vous êtes jamais dit : “c’est trop beau pour être vrai” ?
Si nous regardons du côté des fleurs et des animaux, le beau peut être une arme idéale pour se reproduire : citons les ophrys abeille, ces orchidées qui imitent l’apparence des abeilles solitaires femelles afin d’attirer les mâles, qui viendront les polliniser. Les femelles de nombreuses espèces d’oiseaux choisissent aussi les mâles aux couleurs les plus chatoyantes.
Le beau attire.
Mais il attire pour servir un but. Et parfois, ce but est plus brutal. Combien de poissons sont attirés par la petite lumière de la baudroie… sans voir arriver ses mâchoires ? Et nous, ne sommes-nous pas victimes de leurres, nous aussi, chaque jour ?
Toutes ces images léchées, retouchées des magazines n’ont-elles pas conduit nombre de femmes à se complexer, voire à se rendre malades, parce qu’elles ne correspondaient pas aux canons imposés par notre société ?
Qu’en est-il de ces émissions de relooking où, de manière presque caricaturale, on transforme en quelques instants une personne en version idéalisée : lentilles à la place des lunettes, image lissée… comme si certaines apparences devaient être corrigées pour être acceptées ?
Et les hommes aussi n’échappent pas à ces clichés. Peu importe ce qu’il y a sous le costume et dans la tête, tant que la voiture et les bijoux bling-bling sont là ?
N’y a-t-il pas, en vous, autre chose que vous désirez ? Et puis il y a ces instants incroyables, mais vrais, qui nous coupent le souffle : un accident filmé en caméra embarquée, des amitiés interespèces…
Mais aujourd’hui, l’IA les reproduit, et de mieux en mieux. Tous ces “fakes” envahissent les réseaux sociaux, et nous empêchent de nous laisser simplement traverser par l’émotion du vrai, du beau. “Ah, c’est beau…” Oui, mais la petite ligne en bas m’indique que c’est encore du contenu généré par IA.
Et là, nous éprouvons une forme de déception. Comme si, encore une fois, nous nous étions fait avoir. Il y a donc une vraie perte de confiance dans l’image. Et peut-être aussi dans le beau lui-même.
Et parfois, le piège va encore plus loin. Dans les relations humaines. N’avez-vous jamais entendu, ou vécu, l’histoire de quelqu’un pour qui en couple “tout se passe bien”, “tout coule”, “c’est magnifique”… Puis, au bout de quelques mois, voire années, la réalité apparaît : isolement, éloignement des proches, perte de repères, parfois même perte matérielle. Comme si, là aussi, le beau avait servi d’entrée.
Alors oui, il est essentiel de retrouver la part de beau que nous portons tous en nous, celle qui nous relie au monde. Mais il y a aussi des moments où le beau ne fait plus rêver. Il fait douter.




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