top of page

La Paix, témoignage d’acteurs citoyens

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 2 heures
  • 9 min de lecture

Par Danielle Hakam - journaliste citoyenne LOGOS - bénévole AISA ONG


AISA ONG
AISA ONG

Préambule de la rédaction

Il est des journées internationales qui pourraient n’être que des dates inscrites dans un calendrier. Et puis il y a celles qui naissent d’un élan, d’une conviction, d’une mobilisation humaine suffisamment forte pour franchir les frontières et finir par trouver une reconnaissance institutionnelle.

La Journée internationale du Vivre Ensemble en Paix appartient à cette seconde catégorie. Avant d’être adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, elle fut portée par des femmes et des hommes convaincus que la paix ne devait pas rester une abstraction, mais devenir une culture, un apprentissage et, surtout, une responsabilité partagée.

Le témoignage de Danielle Hakam nous ramène précisément à cette origine citoyenne : des signatures recueillies sur le terrain, des rencontres, des initiatives parfois modestes, mais animées par la certitude qu’un geste individuel peut rejoindre un mouvement collectif. Son récit nous conduit ensuite jusqu’à Genève, où l’éducation à la culture de paix a pris une forme très concrète auprès des enfants, des écoles et des acteurs de la société civile.

À l’heure où la guerre, les fractures et les crispations semblent parfois occuper tout l’espace, LOGOS a souhaité donner la parole à cette expérience. Parce que la paix ne se décrète peut-être jamais totalement d’en haut : elle se construit aussi, patiemment, dans les consciences, dans l’éducation, dans la rencontre et dans ces gestes citoyens qui paraissent minuscules jusqu’au jour où, mis bout à bout, ils deviennent un mouvement.




Témoignage

Nous sommes tous traversés par un désir de paix. Chaque être humain sur cette terre porte en lui cette aspiration profonde. Ce désir de paix qui cohabite dans nos consciences est pourtant fragile, vulnérable. Rappeler l’existence de ce pouvoir de paix, souvent enfoui en nous-mêmes et qui ne demande qu’à émerger, semble fondamental aujourd’hui pour le bien de nos enfants, de notre humanité toute entière et des générations futures.


C’est dans cet esprit qu'en 2014, AISA ONG Internationale aisa-ong.org engagée depuis plusieurs années à promouvoir la Culture de Paix a lancé une campagne de mobilisation mondiale pour que l’ONU décrète la Journée Mondiale du Vivre Ensemble.

Cette campagne de pétitions s’est déployée à travers plusieurs pays dans le monde pour exprimer ce désir de paix citoyen, réunissant toutes les composantes de la société : politiques, intellectuels, artistes, représentants religieux, jeunes et simples citoyens.

En Suisse, plusieurs bénévoles de AISA ONG Internationale ont uni leurs forces pour recueillir des signatures à l'intention de l'ONU, témoignant auprès des autorités politiques de notre profond désir de paix. Lors de cette mobilisation, je me souviens d’un moment privilégié au Festival des cinq Continents (festival de musique du monde) qui a lieu chaque année à Martigny. À ma grande surprise, le fait d’évoquer cette aspiration à une paix sociétale a aussitôt trouvé un écho dans les cœurs de nombreux festivaliers qui ont signé la pétition sans la moindre hésitation. Une action utopique du pouvoir citoyen, peut-être.

Mais en cet instant, un regard tourné vers le même horizon, un espoir libéré et une joie partagée : nous l'avons vécue avec une certitude absolue.

Menée sur trois ans, cette campagne a rassemblé près de 100 000 signatures dont 60 000 collectées directement sur papier. Cette mobilisation a inspiré des actions formidables, comme celle de jeunes en Algérie qui ont sillonné le pays à bord d'un "Bus du Vivre Ensemble" pour aller à la rencontre des citoyens.


D’une mobilisation citoyenne à une reconnaissance internationale

Aujourd’hui, il suffit de parcourir internet pour constater que la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP) existe bel et bien. Sa description figure désormais sur les sites officiels de l'ONU, de l'Unesco ou encore sur Wikipédia, gravant cette initiative dans l'histoire moderne.


Sur Wikipédia, cette journée célébrée chaque année le 16 mai est décrite comme « consacrée au vivre-ensemble, c'est-à-dire à l'acceptation des différences, au respect et à la reconnaissance envers autrui dans un esprit de paix ».

L'encyclopédie précise également qu'elle a été « adoptée à l'unanimité par les 193 pays de l'Assemblée générale des Nations unies le 8 décembre 2017 par la résolution 72/130, sous l'impulsion et l'initiation d'AISA ONG Internationale et de son président d'honneur, le Cheikh Khaled Bentounes. L’objectif de cette journée vise à sensibiliser et mobiliser les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de l'inclusion, de la tolérance, de la compréhension ou encore de la solidarité… ».


Sur le site Aisa ONG, le but de cette journée est « un moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix ….et d’inviter tous les États Membres, les organismes des Nations Unies et les autres organisations internationales et régionales, ainsi que la société civile…, à célébrer la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix, dans le respect de la culture et d’autres particularités ou coutumes locales, nationales et régionales, en menant des activités de sensibilisation.


Comme l’a si bien rappelé la Directrice générale de l’UNESCO le 16 mai 2021, Audrey Azoulay : « Cette journée vient nous rappeler tout le travail qui reste à mener pour préserver la paix, qui n’est jamais un acquis et toujours à construire ». https://www.unesco.org/fr/days/living-together-peace


Au fur et à mesure des éditions, le désir de célébrer la Journée internationale le 16 mai de chaque année s’est intensifié dans de nombreux pays. En 2019, la Déclaration de Düsseldorf, portée par l’observatoire du Vivre ensemble est venue soutenir la JIVEP en engageant 55 maires à promouvoir la cohésion sociale. https://observatoirevivreensemble Cette dynamique a également reçu l'appui de l'Union africaine lors de la 891e réunion de son Conseil de Paix et de Sécurité en 2019, ainsi que du Mouvement des Pays Non-Alignés lors de sa conférence de Caracas la même année.

Des villes emblématiques comme Paris, Cordoue, Almere, Turin et plus récemment Genève ont tour à tour accueilli les célébrations officielles, faisant évoluer l'événement vers un véritable projet de société. 16Mai.org,


L’édition 2023, au-delà d’une journée festive, a mis un accent tout particulier sur l’Éducation à la Culture de Paix pour sensibiliser et promouvoir activement la transmission de valeurs universelles essentielles comme la bienveillance, l’empathie, la solidarité, ainsi que le respect de l’autre et de l’environnement.


Selon l’ONU, le 16 mai, Journée internationale du vivre-ensemble en paix « s’inscrit dans le cadre de la Charte des Nations Unies, qui affirme la nécessité d’agir pour préserver les générations futures du fléau de la guerre ; et dans le cadre de la déclaration et du programme d’action des nations unies en faveur d’une culture de paix,… afin de promouvoir une culture de paix et de non-violence pour le bien de l’humanité, en particulier celui des générations à venir ».


Genève, la paix au cœur de l’éducation

Plus proche de nous, la Ville de Genève a été désignée ville hôte pour accueillir la 7e édition de la JIVEP en 2024. Placée sous le thème « La Paix au cœur de l’Éducation » cette édition a été qualifiée de « Bain de Paix » par M. Jacques Pilet, journaliste et ancien rédacteur en chef de l’Hebdo. https://www.antithese.info/articles/bain-de-paix-a-geneve/


L’événement a réuni un large éventail d’acteurs clés pour animer des colloques, des tables rondes et des ateliers pratiques qui ont été axés sur quatre thématiques d’avenir : la Culture de Paix, la Paix au cœur des enseignements et des apprentissages, la Paix économique et la Médiation réparatrice. Il a rassemblé des acteurs de proximité dans la promotion du Vivre Ensemble et aussi de nombreux partenaires parmi lesquels, la Chaire Unesco de Grenoble pour une Culture de Paix économique, la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FAse) et plusieurs ONG.


Dans le cadre de cette 7e édition, l'engagement sur le terrain s'est traduit de manière très concrète : près de 800 élèves de 4 à 12 ans issus de 35 classes dans le canton de Genève, notamment au sein de la commune de Bernex, ont bénéficié d’ateliers pratiques à l’éducation à la culture de paix.

Le Maire de Bernex en 2024, M. Gilbert Vonlanthen, qui a lui-même participé à l’un de ces ateliers, a livré un précieux témoignage : « Comment vivre en paix ? Je pense que l'école peut avoir une porte d'entrée. J'ai vu que très vite les élèves se sont pris à rentrer dans ce jeu-là, de dire c'est quoi ce cercle vertueux, c'est quoi l’humilité, la tolérance ? Ce sont des mots qui font du bien. On a fait quelques expériences au travers d'exercices pratiques, et on voit que la jeunesse adhère immédiatement. On a pu à la fin de l'après-midi faire un bilan de ce qui s'était passé et voilà toute la richesse de cette journée qui a permis finalement à ces élèves d'avoir sous une forme un peu surprenante pour certains un des plus beaux cours qu’on n’ait jamais eus.

Les élèves ont compris que l’on doit écouter les autres, travailler ensemble et qu’on arrive alors à faire quelque chose de merveilleux.

Voilà donc l'expérience de Bernex ».

Cette édition mémorable a été couronnée par la proclamation, le 16 mai 2024 à l'Université de Genève, de la Déclaration de Genève pour l’Éducation à la Culture de Paix. Cet acte fort, visant à inscrire durablement la paix dans les programmes scolaires, est désormais ouvert à la signature de toutes et tous à travers une pétition en ligne.



Des voix pour porter la paix

Pour porter cette vision et lui donner toute son assise, des personnalités ont choisi de s'engager activement sur ce chemin en tant qu'initiateur et ambassadeurs de la JIVEP :


Cheikh Khaled Bentounès, initiateur de la Journée internationale du Vivre Ensemble en Paix et président d’honneur de AISA ONG

« Que les liens tissés et les efforts déployés puissent se traduire par une expérience exceptionnelle qui inspire de nouvelles collaborations et réalisations, créant ainsi un élan positif pour l’avenir en vue de ressouder la communauté humaine autour de valeurs universelles partagées ».


Thomas d’ANSEMBOURG Ambassadeur de la JIVEP, Ex avocat au barreau de Bruxelles, auteur, conférencier et formateur en connaissance de soi et relations humaines

« (...) Si j’ai accepté cette fonction d’ambassadeur, c’est pour contribuer à ce principe qui devrait nous paraître évident, c’est que la Paix ça s’apprend comme les maths ou le foot (...) c’est comme la guerre, on sait faire la guerre à travers le monde depuis tant d’années malheureusement parce qu’on s’y discipline, on s’organise à des processus (...) il y a des techniques que l’on peut apprendre ; la paix, c’est pareil, ça ne va pas tomber du ciel par hasard… Nous avons besoin d’apprendre des processus, des clés, des prises de conscience et une certaine organisation de notre vie intérieure, une certaine discipline pour nous pacifier. Alors je souhaiterais vraiment qu’un jour, les apprentissages de la paix fassent partie de programmes scolaires comme lire, écrire et calculer, avec la même évidence (...) »


Boris CYRULNIK Ambassadeur de la JIVEP Neuropsychiatre et éthologue

« La Journée Internationale du Vivre ensemble en Paix m’a donné la fierté et l’honneur d’être son ambassadeur. Ma traversée de deux guerres m’a amené à l’idée suivante : seule l’éducation mène à la paix. La différence n’est plus vécue comme une agression mais comme une invitation à la découverte d’une autre religion, d’une autre culture et d’une autre manière de vivre ensemble. Dans cette attitude mentale, toute différence devient un enrichissement. Je pense qu’il y a une pédagogie de l’empathie. J’ai commencé ma vie en subissant la guerre et, au dernier chapitre de mon existence, je vois réapparaître les mêmes haines, les mêmes récits guerriers que ceux que j’entendais à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Doit-on s’y soumettre ? C’est maintenant, de toute urgence que nous devons préparer l’avènement d’une société où chacun, découvrant l’Autre, augmentera sa conscience et préparera la Paix. »


Harcourt Klinefelter, Ambassadeur de la JIVEP et ancien attaché de presse de M. Martin Luther King

« Je rêve d’un jour où la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix ne sera pas juste une journée dans l’année, mais où elle sera la réalité de chaque jour, partout et pour tous ».


Un nouveau regard sur l'avenir

Dans cette même lignée, les éditions 2025 et 2026 ont ancré ces pratiques pour faire du vivre ensemble en paix non seulement un idéal, mais une réalité tangible au service des générations présentes et futures. Le cap est désormais mis sur le dixième anniversaire de la JIVEP en mai 2027.


En raison du soutien croissant de la société civile et du portage diplomatique de l’Algérie pour un projet de résolution auprès de l’ONU en 2017, des dynamiques locales ont pu se déployer aux quatre coins du monde. Cette journée a aussi vu son impact s'amplifier par le biais du soutien progressif des gouvernements et des municipalités. Ces initiatives permettent de sensibiliser le public et de mieux comprendre les enjeux liés au Vivre Ensemble, notamment au travers de manifestations festives et populaires.


Ces témoignages de citoyens ordinaires montrent que des actions minuscules et bienveillantes peuvent déclencher de grandes vagues de changements.

Ils nous invitent à redécouvrir le véritable pouvoir des citoyens face aux crises globales. Avec un nouveau regard, nous pouvons véhiculer collectivement une mutation profonde. Puisse chacune et chacun trouver l’inspiration et l’élan pour continuer à œuvrer, à sa mesure, pour un monde plus juste et pacifié.

Rédaction : Danielle Hakam, bénévole à AISA ONG Internationale









Commentaires


bottom of page