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Dix ans après le père Hamel : ce que nous ne pouvons pas oublier

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    Rédaction Logos
  • il y a 35 minutes
  • 4 min de lecture

Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS


🎵 Avant d'écouter…

Les mots peuvent éveiller la réflexion. La musique, elle, touche parfois ce que les mots ne savent pas dire.

l existe des silences qui traversent les années sans jamais disparaître.


Cette composition est née de l'article « Dix ans après le père Hamel : ce que nous ne pouvons pas oublier ». Elle ne raconte pas seulement le souvenir d'un homme assassiné alors qu'il célébrait la messe. Elle évoque aussi ce que cet événement nous invite encore à protéger : la liberté de conscience, le dialogue entre les êtres et le refus de voir la violence devenir un langage.

À travers cette musique, LOGOS Studio choisit la mémoire plutôt que l'oubli, l'espérance plutôt que la peur, et rappelle qu'une civilisation se mesure autant à sa capacité de se souvenir qu'à celle de transmettre ses valeurs.


Composition et production : LOGOS Studio

Une création originale de LOGOS Media – Une parole droite.


Dix ans après


Le 26 juillet 2016, dans une petite église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le père Jacques Hamel célébrait la messe lorsqu'il fut assassiné par deux jeunes hommes se réclamant de l'État islamique. Il avait 85 ans.


Ce crime glaça la France entière. Parce qu'il frappait un homme désarmé. Parce qu'il profanait un lieu de paix. Parce qu'il s'attaquait à ce que notre civilisation possède de plus fragile : la liberté de croire, de prier, de transmettre et de vivre ensemble.


Dix ans plus tard, le souvenir demeure.

Mais le temps a cette étrange capacité d'émousser les consciences. Les drames qui bouleversaient hier deviennent progressivement des dates dans un calendrier. Les victimes disparaissent peu à peu de la mémoire collective tandis que l'actualité impose de nouvelles urgences.


Pourtant, certaines blessures ne devraient jamais être reléguées au rang des archives.

Car le meurtre du père Hamel ne concernait pas seulement les catholiques. Il concernait tous ceux qui considèrent que la violence ne peut jamais remplacer le dialogue, que la foi ne peut jamais justifier le meurtre et que la liberté religieuse constitue l'un des piliers de nos démocraties.


Au-delà de l'émotion, cet attentat nous oblige encore aujourd'hui à réfléchir.

La première erreur serait de croire que cette idéologie appartient au passé.

L'État islamique a perdu son territoire, mais les idées qui ont nourri sa barbarie n'ont pas totalement disparu. Elles continuent de circuler, de se diffuser sur les réseaux sociaux, d'influencer des individus isolés ou de séduire des esprits fragiles en quête d'identité ou de revanche.

La menace a changé de visage.

Elle est souvent plus diffuse, moins spectaculaire, parfois plus difficile à détecter.

C'est précisément pour cette raison qu'elle exige davantage de lucidité.

Mais cette lucidité ne doit jamais conduire aux amalgames.

L'islam n'est pas l'islamisme.

Des millions de musulmans vivent leur foi dans le respect des lois, de la démocratie et des libertés. Beaucoup sont eux-mêmes les premières victimes de l'extrémisme religieux.

Confondre une religion avec son instrumentalisation politique serait une faute morale autant qu'une erreur d'analyse.


En revanche, refuser de nommer les idéologies qui contestent les libertés fondamentales serait une autre erreur, tout aussi dangereuse.

Une démocratie ne peut survivre que si elle sait clairement ce qu'elle protège.

La liberté de conscience.

La liberté d'expression.

L'égalité entre les femmes et les hommes.

La primauté de la loi civile sur toute prescription religieuse.

Le refus absolu de la violence comme moyen d'action politique.

Ces principes ne sont pas négociables.

Ils ne sont dirigés contre aucune religion.

Ils constituent simplement le socle sur lequel des citoyens différents peuvent continuer à vivre ensemble.


Depuis plusieurs années, les sociétés européennes traversent une crise plus profonde que les seuls enjeux économiques ou sécuritaires.

Nous débattons beaucoup de nos différences.

Peut-être pas assez de ce qui nous rassemble.

Or une nation ne tient pas uniquement grâce à ses institutions.

Elle tient parce qu'une immense majorité partage un même horizon de valeurs, une même confiance dans la justice, une même volonté de protéger les plus faibles et une même conviction que chaque être humain possède une dignité qui ne dépend ni de sa religion, ni de son origine, ni de ses opinions.


Lorsque ce langage commun disparaît, la fragmentation devient inévitable.

C'est pourquoi le souvenir du père Jacques Hamel ne devrait pas nourrir la peur.

Il devrait nourrir la vigilance.

Une vigilance qui refuse la haine.

Une vigilance qui refuse aussi le déni.

Car la paix ne consiste pas à fermer les yeux sur les menaces.

Elle consiste à défendre sereinement ce qui rend encore possible la coexistence.


La Suisse connaît, elle aussi, ces interrogations.

Notre pays repose sur un équilibre délicat entre plusieurs langues, plusieurs cultures et plusieurs sensibilités religieuses. Cette diversité n'a jamais constitué une faiblesse lorsqu'elle s'appuyait sur un socle commun de responsabilités, de libertés et de respect des institutions.

Préserver cet équilibre demande aujourd'hui autant de courage que de discernement.

Il ne s'agit pas d'opposer les croyants entre eux.

Il s'agit de rappeler que la démocratie n'est pas seulement un système politique.

C'est une culture.

Une manière de considérer l'autre comme un interlocuteur plutôt que comme un ennemi.

Une manière de répondre aux idées par les idées et non par la violence.

Dix ans après l'assassinat du père Jacques Hamel, le plus bel hommage que nous puissions lui rendre n'est peut-être pas seulement de déposer une fleur ou d'observer une minute de silence.

C'est de continuer à défendre cette civilisation du dialogue qui refuse aussi bien la barbarie que le renoncement.

Parce qu'une société ne meurt pas uniquement sous les coups de ceux qui l'attaquent.

Elle peut aussi mourir lorsqu'elle oublie ce qui faisait sa force.



Le regard de LOGOS

Chez LOGOS, nous refusons les simplifications comme les silences. Se souvenir du père Jacques Hamel, ce n'est pas entretenir les divisions ; c'est rappeler que la liberté, la dignité humaine et le respect des consciences ne sont jamais définitivement acquis. Une démocratie forte n'est pas celle qui évite les débats difficiles. C'est celle qui les affronte avec courage, vérité et humanité.



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