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La prairie et la ville — Chêne-Bourg

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 23 heures
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS



Au centre de Chêne-Bourg, une prairie subsiste encore.

À l’heure où la commune se transforme, se densifie, se projette vers demain, ce fragment de nature semble presque anachronique. Et pourtant, il dit quelque chose d’essentiel.


Au ras du sol, là où le regard s’abaisse, le monde change de langage.

Les herbes hautes ne s’alignent pas : elles dialoguent.

Elles plient, hésitent, se relèvent, comme si la nature refusait doucement la rigueur des lignes à venir.

Ici, tout n’est que correspondance, le vent effleure la tige, la tige incline la lumière, et la lumière, silencieuse, compose un vers que nul ne prononce.

Ô ville en devenir, aux tracés précis, aux intentions justes, entends-tu ce qui échappe encore à ton dessein ? Ce qui ne se mesure pas, ne se projette pas, mais se ressent, simplement ?

Les pissenlits, astres fragiles, s’élèvent sans bruit, portant dans leur fuite l’idée même du possible.


Et l’arbre en fleur, au loin, comme une ponctuation suspendue, retient un instant la dispersion du réel.

Car la ville avance, c’est sa nécessité. Elle doit accueillir, organiser, bâtir.

Elle ne peut rester immobile.


Mais dans cette avancée, une question demeure: que choisissons-nous de préserver ?

Non par contrainte, mais par conviction.

La prairie ne s’oppose pas. Elle suggère.

Elle est ce pli du monde où tout ne se dit pas entièrement, où subsiste une part d’ombre légère, celle qui donne au lieu sa profondeur.


À Chêne-Bourg, le véritable développement ne sera pas seulement dans ce qui s’élève, mais dans ce que l’on accepte de laisser respirer.

Car une ville qui n’offre plus d’espace au mystère devient rapidement un lieu sans mémoire.


Conseil de LOGOS

Dans chaque projet, préserver un espace qui ne sert à rien, sinon à rappeler que tout ne doit pas servir.


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