Les murs jaunes de Genève
- Rédaction Logos

- il y a 9 heures
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Par Gilles Brand - Réacteur LOGOS

Demain, la manifestation « No G7 » défilera dans les rues de Genève.
Déjà, les vitrines se couvrent de panneaux de protection. Les banques disparaissent derrière d'épais murs jaunes. Les commerçants rangent ce qui peut l'être. Les forces de l'ordre se préparent.
Comme à chaque fois, certains dénonceront une ville qui se barricade.
Ils se trompent.
Car pour comprendre les murs jaunes de Genève, il faut se souvenir de 2003.
À l'époque, lors du sommet du G8 d'Évian, il n'y avait pratiquement pas de protections.
On croyait encore que la liberté de manifester suffisait à contenir les excès.
On croyait que les casseurs resteraient marginaux.
On croyait que la raison l'emporterait sur la violence.
Puis les vitrines ont explosé.
Des commerces ont été dévastés.
Des biens privés ont été détruits.
Une partie de la ville a payé le prix de l'idéologie de quelques centaines d'individus venus non pour convaincre, mais pour casser.
Genève a retenu la leçon.
Les murs jaunes d'aujourd'hui sont les enfants directs des violences d'hier.
Ils ne sont pas le symbole d'une peur irrationnelle.
Ils sont le souvenir concret d'une expérience vécue.
Les philosophes nous enseignent que les civilisations apprennent par leurs blessures.
Une brûlure laisse une cicatrice.
Une ville aussi.
Chaque panneau installé aujourd'hui raconte en silence ce qui s'est passé il y a plus de vingt ans.
Voilà pourquoi la véritable question n'est pas de savoir pourquoi Genève se protège.
La véritable question est de savoir pourquoi certains trouvent encore normal qu'elle doive le faire.
Car il existe dans nos sociétés une étrange indulgence envers la violence politique lorsqu'elle se présente sous les habits de la contestation.
On parle de colère.
On parle de révolte.
On parle de militantisme.
Mais lorsqu'une vitrine vole en éclats, lorsqu'un commerce est attaqué ou lorsqu'un véhicule brûle, il ne s'agit plus de politique.
Il s'agit de vandalisme.
Le philosophe Karl Popper avait identifié ce danger.
Une démocratie ne peut survivre si elle tolère sans limite ceux qui cherchent à détruire les règles qui permettent son existence.
La liberté de manifester est un droit fondamental.
La liberté de casser n'en sera jamais un.
Cette distinction est essentielle.
Les véritables démocrates peuvent être de gauche ou de droite.
Ils peuvent soutenir ou combattre le G7.
Ils peuvent être altermondialistes, écologistes ou conservateurs.
Mais ils acceptent une règle commune : celle du débat.
Les casseurs, eux, refusent précisément cette règle.
Ils ne veulent pas convaincre.
Ils veulent imposer.
Ils ne cherchent pas l'adhésion.
Ils recherchent l'intimidation.
Ils ne construisent aucune alternative.
Ils détruisent ce qui existe.
Le paradoxe est cruel.
Ceux qui prétendent combattre les puissants s'en prennent souvent aux plus faibles.
Ce ne sont pas les dirigeants du G7 qui remplacent les vitrines brisées.
Ce sont les commerçants.
Ce ne sont pas les multinationales qui nettoient les rues.
Ce sont les contribuables.
Ce ne sont pas les chefs d'État qui vivent dans les quartiers dégradés.
Ce sont les habitants.
La violence politique a toujours cette caractéristique : elle frappe rarement ceux qu'elle prétend viser.
Demain, Genève sera protégée.
Et c'est une bonne chose.
Non parce que la ville aurait peur.
Mais parce qu'elle a de la mémoire.
Les murs jaunes ne sont pas une victoire des casseurs.
Ils sont la preuve que Genève refuse désormais de leur offrir une seconde fois le même terrain de jeu.
Une démocratie adulte n'a pas à s'excuser de protéger ses citoyens.
Elle n'a pas davantage à rougir de défendre ceux qui travaillent, entreprennent, investissent ou simplement vivent paisiblement dans ses rues.
La liberté mérite d'être protégée.
Y compris contre ceux qui prétendent agir en son nom.
Conseil LOGOS
La contestation démocratique est une richesse. Le vandalisme politique est une impasse. Les confondre affaiblit la liberté elle-même.






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