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Chêne-Bourg : quand une commune change de moteur

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    Rédaction Logos
  • il y a 17 heures
  • 2 min de lecture

Par Georges Dunand - journaliste citoyen


Promotions Chêne-Bourg - image d'un autre temps
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Les chiffres, parfois, disent ce que les discours préfèrent contourner.

Lorsqu’une commune voit diminuer ses recettes fiscales issues des entreprises tandis que progressent celles provenant des personnes physiques, il ne s’agit pas d’un simple ajustement comptable. Il s’agit d’un signal. D’un déplacement silencieux. D’un changement de nature.



À Chêne-Bourg, la question mérite d’être posée sans détour : que devient une commune lorsque son dynamisme économique recule pendant que sa dépendance fiscale aux habitants augmente ?


Certes, l’augmentation des recettes issues des personnes physiques peut sembler rassurante. Elle peut traduire une croissance démographique, l’arrivée de nouveaux contribuables, une certaine attractivité résidentielle. Sur le papier, le tableau paraît acceptable.


Mais un territoire ne se résume pas à une addition de contribuables.

Une commune vivante repose aussi sur ses activités, ses commerces, ses artisans, ses PME, sa capacité à produire autre chose que des mètres carrés d’habitation.


Car derrière les recettes fiscales des entreprises, il y a davantage que des colonnes Excel.

Il y a une énergie économique. Une respiration locale. Une densité de vie.

Lorsqu’elle s’amenuise, un glissement s’opère.

On construit davantage. On habite davantage.

Mais entreprend-on davantage ?

C’est toute la question.


Le risque est connu : celui d’une commune qui se densifie sans se renforcer économiquement. D’un territoire qui accueille des habitants, mais peine à consolider son socle productif. D’un urbanisme qui fabrique du résidentiel plus vite qu’il ne nourrit un écosystème local.


Et alors survient une mécanique peu commentée : plus d’habitants signifie aussi plus de charges. Écoles. Petite enfance. Sécurité. Espaces publics. Cohésion sociale. Culture. Voirie.

Autrement dit : davantage de besoins collectifs.

Si, dans le même temps, la contribution économique des entreprises recule, l’équilibre change.


Le contribuable résident devient le principal porteur du modèle.

Ce n’est pas nécessairement une catastrophe. Mais c’est un choix, ou une dérive, qui mérite d’être assumé politiquement.

Car quelle commune voulons-nous ?

Un territoire simplement habité ? Ou un territoire vivant ?


À force de parler densification, on oublie parfois la substance même de la ville : sa capacité à créer de l’activité, de l’échange, de la proximité économique.

Une commune sans vitalité productive finit souvent par devenir un décor fonctionnel : bien aménagé, parfois agréable, mais économiquement appauvri.


Le débat n’est donc pas fiscal. Il est philosophique.

Une ville n’est pas seulement un lieu où l’on réside.

C’est un organisme.


Et les organismes qui cessent de produire leur propre énergie entrent, tôt ou tard, dans une forme de dépendance silencieuse.


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