Frank Zappa ou la nécessité de l’impertinence
- Rédaction Logos

- il y a 2 jours
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Par Michel Favre - journaliste citoyen Logos, comédien, metteur en scène, pédagogue et directeur artistique

Préambule - Rédaction Logos
Frank Zappa, toujours dérangeant
Certaines œuvres vieillissent. D'autres continuent de provoquer, de questionner et de secouer les certitudes. Avec 200 Motels, Frank Zappa demeure l'un des grands irrévérencieux de la culture contemporaine. Présentée au Grand Théâtre de Genève, cette œuvre hors normes a inspiré à Michel Favre le regard enthousiaste que nous publions ici.

Par Michel Favre
Après avoir assisté à 200 Motels, œuvre de Frank Zappa présentée au Grand Théâtre ce samedi, une évidence s’impose : nous avons assisté à une réalisation exceptionnelle d’une œuvre aussi singulière qu’iconoclaste.
La lecture proposée de cet univers hétéroclite est particulièrement réussie. L’OSR se montre absolument parfait dans l’exercice et tout, du plateau à la fosse, apparaît irréprochable.
Le discours foutraque mais politiquement incisif de Zappa est restitué avec force et pertinence. Jusqu’à une série d’images finales qui rappellent ce doigt d’honneur que Frank Zappa adressait régulièrement à la société dominante américaine, à ses dirigeants
« théocratico-corrompus »
et à ce qu’il considérait comme les dérives imposées à leur peuple comme au reste du monde.
Il faut saluer cette audace ainsi que les moyens spectaculaires et artistiques considérables mobilisés pour rendre hommage à une figure aussi atypique.
Dès l’accueil du public, le ton est donné. Le chargé de communication de l’institution nous invite à scander sans retenue : « Penis Dimension ! »
La fête peut commencer.
Et quelle fête.
L’hommage rendu à ce musicien totalement hors normes est à la hauteur de sa démesure. Celle d’un contestataire salutaire, refusant les conformismes et les certitudes d’un ordre établi qui semble parfois conduire davantage au chaos qu’à la raison.
Parrainé par Mick Donnelly, ancien guitariste du maestro, le combo rock ne démérite jamais. Les intrications entre musique contemporaine, rock expérimental et chansons doo-wop se révèlent remarquablement fluides, vivantes et enthousiasmantes.
Il reste encore quelques représentations, qui ne sont d’ailleurs pas toutes complètes.
C’est curieux.
C’est dérangeant.
C’est réjouissant.
Et surtout parfaitement rafraîchissant pour les esprits ouverts.
Car, comme le disait Frank Zappa avec son humour ravageur, un esprit est comme un parachute : il ne fonctionne que lorsqu’il est ouvert.







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