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J’ai un rêve !

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 heures

Par Céphas Mensah - journaliste citoyen

Introduction musicale pour l’article :

À ce rêve africain raconté par Céphas répond la voix puissante de Vicky Sampson. Avec Afrikan Dream, l’espérance cesse d’être une illusion : elle devient une promesse collective. Celle d’un continent qui regarde ses enfants et leur dit enfin qu’ils ont le droit de viser le stade, le laboratoire, l’entreprise… et même le prix Nobel.


Laissez-moi vous raconter mon rêve.

Pas un rêve de nuit. Un rêve d’avenir.

Un de ces rêves que l’on fait les yeux grands ouverts, lorsque l’on regarde sa génération et que l’on refuse de croire que c’est tout ce qu’elle peut accomplir.


Je rêve d’un gamin né à Cotonou, Lomé, Bamako ou Douala.

Un gamin ordinaire, qui grandit dans une rue ordinaire, qui joue au football pieds nus sur un terrain en terre battue.

Et qui, un jour, sous les projecteurs d’un stade mondial, reçoit un ballon, accélère et plante un but qui fait se lever le monde entier.

Un but commenté dans toutes les langues. Un but que l’on rejoue en boucle pendant des semaines.


Un but d’ici, je sais que cela peut sembler naïf.

Certains liront ces mots et souriront avec cette politesse condescendante que l’on réserve aux rêveurs.

Mais les rêveurs ont toujours eu raison avant tout le monde.

Demandez à ceux qui rêvaient d’Internet en 1985. Demandez à ceux qui rêvaient d’un homme noir à la Maison-Blanche en 1990. Demandez à ceux qui rêvaient de voir un Africain courir le cent mètres en moins de dix secondes.

Les rêves qui semblent impossibles ont une mauvaise habitude : ils finissent par se réaliser. Et ceux qui n’y croyaient pas finissent par applaudir, comme si tout cela avait été évident depuis le début.

Rêver au-delà du football

Je ne rêve pas seulement de football.

Je rêve d’un jeune homme de Ouagadougou qui monte sur une scène à Stockholm : celle des prix Nobel.

Il reçoit le prix de médecine pour une découverte réalisée dans un laboratoire africain, avec des données africaines, sur des maladies africaines et pour apporter des solutions africaines.

Je rêve d’une femme de Lagos dont la start-up révolutionne la logistique agricole sur trois continents.

Pas une start-up incubée à San Francisco qui s’inspire de l’Afrique de loin.

Une entreprise née dans la chaleur, dans les coupures d’électricité, dans la réalité brute d’un marché africain. Une entreprise qui, pour cette raison même, est plus solide que tout ce qui a été imaginé dans le confort de bureaux climatisés.

Certains me diront que les conditions ne sont pas réunies.

Les écoles manquent de moyens. Les laboratoires sont sous-équipés .Les jeunes talents partent à l’étranger et ne reviennent pas.

Tout cela est vrai. Tout cela est réel.

Mais tout ce dont je rêve a déjà semblé impossible ailleurs.

La Corée du Sud, il y a soixante ans, était l’un des pays les plus pauvres du monde. Aujourd’hui, elle exporte sa culture, sa technologie et sa médecine.

Elle a décidé que ses enfants allaient compter dans le monde.


Et ses enfants ont compté.

La question n’est donc pas de savoir si cela est possible.

La question est de savoir à partir de quand nous déciderons que cela devient urgent.


Une génération qui attend

Ce qui me donne de l’espoir, ce ne sont pas les discours.

Ce sont les visages.

Ce gamin de quinze ans, à Cotonou, qui code son premier jeu vidéo sur un vieux PC partagé avec sa famille.

Cette fille de dix-sept ans, à Dakar, qui remporte un concours régional de mathématiques et qui ne sait pas encore à quel point elle est exceptionnelle.

Cet étudiant en médecine, à Niamey, qui ne dort que quatre heures par nuit pour préparer un concours international, parce que quelqu’un lui a dit un jour que c’était possible.

Ces jeunes existent.

Ils ne sont pas des exceptions.

Ils appartiennent à une génération qui attend d’être vue, entendue et soutenue.


Ce que cette génération n’a pas besoin d’entendre, c’est qu’elle doit faire mieux que ses parents. Elle le sait.

Ce dont elle a besoin, c’est d’entendre que ce continent croit en elle. Vraiment !

Pas seulement dans les discours du premier janvier, mais dans les budgets consacrés à l’éducation, dans les infrastructures sportives construites au cœur des quartiers populaires, dans les laboratoires de recherche financés localement et dans les entrepreneurs soutenus avant même qu’ils aient prouvé leur valeur à New York.

On ne fait pas grandir une génération en lui parlant de ses capacités. On la fait grandir en lui donnant les conditions d’exprimer ce qu’elle porte déjà.

Apprendre à construire avec presque rien

Je revois ce gamin qui joue pieds nus.

Il ne sait pas encore qu’il est en train de s’entraîner. Il pense simplement qu’il joue.

Mais, dans chacun de ses dribbles, quelque chose se forme.

Une précision. Une audace. Une façon de lire le jeu que personne ne lui a enseignée.

Elle lui vient de la rue. De la nécessité. De ces terrains en terre battue où l’on ne peut pas se permettre de tomber, parce qu’il n’y a aucune pelouse pour amortir le choc.


Ce gamin-là, avec le bon encadrement, le soutien nécessaire et la confiance des adultes qui l’entourent, peut soulever n’importe quelle coupe.

Pas parce qu’on lui aura tout donné.

Mais parce qu’il aura appris à tout construire avec presque rien.

Et cela, on ne l’apprend nulle part ailleurs qu’ici.


L’impatience comme promesse

Mon rêve n’est pas naïf. Il est impatient.

Il y a une différence.

Le naïf attend que les choses arrivent toutes seules. L’impatient fait tout pour qu’elles arrivent plus vite.

Cette génération béninoise, cette génération africaine, mérite que nous soyons impatients pour elle.

Que nous cessions de lui promettre un avenir lointain.

Et que nous commencions, dès aujourd’hui, à construire le présent qu’elle mérite.


Conseil LOGOS

Un rêve ne devient pas réalité parce qu’on le répète. Il le devient lorsqu’on commence à lui donner des moyens.

Encourager la jeunesse africaine, ce n’est pas seulement lui dire qu’elle a du talent. C’est investir dans ses écoles, ses terrains de sport, ses laboratoires, ses bibliothèques, ses entreprises et ses idées.

Le conseil de LOGOS est simple : lorsque nous croisons un jeune qui porte une ambition, ne lui demandons pas d’abord de prouver qu’il mérite notre confiance. Demandons-nous plutôt ce que nous pouvons faire pour que son talent ne soit pas perdu.

Un continent change lorsque ses enfants cessent de demander la permission de rêver.



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