L’homme est plus vaste que sa conscience
- Rédaction Logos

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Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

Il est une illusion tenace dans notre époque : croire que l’homme se résume à ce qu’il comprend de lui-même.
Nous valorisons la conscience. Nous la travaillons, nous l’explorons, nous la revendiquons. Être conscient serait devenir maître de soi.
Mais cette idée est fragile.
Car l’homme ne se limite pas à ce qu’il perçoit. Il déborde.
Il déborde dans ses intuitions, dans ses élans, dans ses contradictions, dans ces gestes inexplicables qui surgissent avant même que la pensée ne les formule. Il déborde dans ses silences, dans ses rêves, dans cette part obscure qui ne se laisse ni nommer ni saisir.
La conscience éclaire. Mais elle n’épuise pas.
Elle est une surface utile, nécessaire, mais elle n’est pas la profondeur.
Il y a en nous des paysages entiers que nous n’habitons pas encore. Des zones de vie intérieure qui ne passent pas par le langage. Des vérités que nous pressentons sans pouvoir les dire.
Et peut-être est-ce là que réside la véritable condition humaine :être plus vaste que soi.
Non pas dans un sens héroïque. Mais dans un sens presque vertigineux.
Nous sommes traversés par plus grand que nous. Par des héritages invisibles, par des mémoires anciennes, par des élans qui nous dépassent. Parfois même par une forme de sagesse que nous ne comprenons pas encore.
Il arrive que l’homme agisse mieux qu’il ne pense. Qu’il aime plus profondément qu’il ne saurait l’expliquer. Qu’il comprenne, un instant, sans savoir comment.
Ces moments-là ne sont pas des anomalies. Ils sont des révélations.
Ils nous disent que la conscience n’est pas un sommet, mais un passage.
Dans cette perspective, vouloir tout maîtriser, tout éclairer, tout réduire à la compréhension devient une forme de violence intérieure. Une manière de restreindre ce qui, en nous, demande à rester ouvert.
Peut-être faut-il alors renoncer à cette obsession de la transparence.
Accepter qu’une part de nous demeure en retrait. Non pas comme une faiblesse.
Mais comme une richesse.
Car c’est dans cette zone indécise, entre le su et l’inconnu, que se loge la véritable profondeur de l’être.
L’homme est plus vaste que sa conscience. Et c’est précisément ce qui le rend habitable.
Conseil de LOGOS
Ne cherchez pas toujours à tout comprendre de vous-même. Apprenez aussi à vous laisser surprendre par ce qui, en vous, vous dépasse.



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