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La guerre du temps

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Napoléon Bonaparte (fiction) - Transcrit et adapté par Gilles Brand




La guerre n’est jamais là où l’on croit.

On la décrit avec des cartes, des frappes, des chiffres. Mais elle se décide ailleurs.

Dans le temps. J’observe ce conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Une puissance qui frappe vite, loin, avec précision.

Une autre qui encaisse, disperse, et attend.

Deux stratégies. Deux visions de la guerre.

Cela me rappelle une campagne.

La Russie.


En 1812, je n’ai pas été vaincu par une armée. Je n’ai pas été battu sur un champ de bataille décisif.

J’ai été battu par le temps.

Je suis entré en Russie avec la force, la vitesse, la certitude.

L’ennemi reculait. Il évitait l’affrontement. Il brûlait ce qu’il abandonnait.

Je gagnais chaque étape. Et pourtant… je perdais.

Car je n’avais pas compris ceci :

Une guerre que l’on ne peut pas terminer devient une guerre que l’on subit.

Aujourd’hui, je vois une logique similaire.

Les États-Unis frappent.

Ils cherchent la décision rapide. La désorganisation de l’adversaire. La supériorité technologique.

Mais l’Iran ne joue pas ce jeu.

Il ne cherche pas la bataille décisive.

Il cherche l’usure.

Pression sur les routes maritimes. Tensions permanentes. Réponses indirectes.

Il recule sans céder.


Et dans ce type de guerre, la victoire change de nature.

Ce n’est plus celui qui avance le plus vite qui gagne.

C’est celui qui accepte de ne pas perdre.

J’ai appris trop tard qu’une campagne peut être victorieuse en apparence et perdue en profondeur.

Chaque jour gagné peut rapprocher de l’échec si l’on ne maîtrise pas la durée.


Les guerres modernes n’échappent pas à cette règle.

Elles ne se terminent plus par une bataille. Elles s’étendent.

Elles se diffusent.

Elles s’installent.

Le danger, pour une grande puissance, n’est pas de frapper trop peu.

C’est de ne pas pouvoir s’arrêter.


Car la guerre, lorsqu’elle dure, ne se contente pas d’user les armées.

Elle use les économies. Elle use les alliances. Elle use les volontés.

Je reconnais ici une guerre dangereuse.

Non parce qu’elle serait perdue d’avance.

Mais parce qu’elle pourrait ne jamais être gagnée.


Transcrit pour LOGOS

Gilles Brand


Conseil de LOGOS

Lire l’actualité ne suffit pas : encore faut-il apprendre à la penser.

Lorsque la guerre commence vite,demandez-vous toujours si elle peut finir.

Car en stratégie, le véritable piège n’est pas l’ennemi.

C’est le temps.

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