La génération du retour
- Rédaction Logos

- 16 juin
- 2 min de lecture
Par Céphas MENSAH - Journaliste citoyen LOGOS Afrique

Quelque chose est en train de changer sur le continent.
Silencieusement. Sans déclaration officielle. Sans tambours.
Ils reviennent.
Ils ont étudié à Paris, à Montréal, à Londres, à Bruxelles. Là où ils ont obtenu leurs diplômes, effectué leurs stages, parfois décroché leurs premiers postes. Ils auraient pu rester.
Néanmoins, ils ont choisi de rentrer.
Non par échec. Non par nostalgie.
Mais par calcul lucide.
Et par quelque chose de plus profond que le calcul.
Ils rentrent à Dakar. À Abidjan. À Lomé. À Cotonou. À Kigali.
Ils ouvrent des entreprises.
Ils repensent des industries.
Ils construisent des infrastructures numériques, agricoles et médicales.
Ils regardent leur pays non plus comme un héritage encombrant, mais comme un chantier encore ouvert.
Et dans ce regard-là, il y a une énergie que l'Afrique n'avait pas connue depuis longtemps.
Ce retour n'est pas idyllique.
Il se heurte à des administrations lentes.
À des circuits informels difficiles à pénétrer.
À la méfiance, parfois, de ceux qui sont restés.
Celui qui revient de l'étranger ne connaît plus son pays, dit-on parfois.
C'est une critique qui contient une part de vérité et une part de peur.
La peur que l'intrus change les règles.
Mais c'est précisément là le défi.
Non pas fusionner les deux mondes.
Non pas importer des modèles en bloc.
Mais faire dialoguer ce que l'on a appris ailleurs avec ce que l'on sait d'ici.
Tenir les deux.
Sans trahir l'un pour l'autre.
C'est une acrobatie. Certains la réussissent. D'autres s'y perdent.
Mais ceux qui la réussissent sont en train d'écrire, discrètement, un chapitre nouveau.
L'Afrique a besoin de ses enfants revenus.
Non comme des sauveurs.
Non comme des donneurs de leçons.
Mais comme des bâtisseurs qui connaissent à la fois le sol et l'horizon.
Comme des passeurs entre ce qui a été et ce qui peut encore être.
La génération du retour n'est pas une génération de la rupture.
C'est une génération de la réconciliation.
Avec le continent.
Avec l'histoire.
Avec soi-même.
Conseil LOGOS
Ne revenez pas pour retrouver le pays que vous avez quitté. Il n'existe plus. Comme vous, il a changé. Revenez pour participer à ce qu'il est en train de devenir.







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