Ombres en fuite
- Rédaction Logos

- 23 avr.
- 1 min de lecture
Une ouverture musicale peut accompagner cette lecture. Laissez-la venir comme une respiration.
Gymnopédie No.1 — Erik Satie
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS
Rien n’advient, sinon ce tremblement.
Sur le mur, une rumeur végétale hésite, se déplie, se retire.
On dirait l’ombre d’un monde qui n’a pas encore choisi d’exister.
Le vent, invisible conspirateur, déchire à peine le silence, et déjà tout vacille.
Il n’y a ni arbre, ni ciel, ni sol.
Seulement l’empreinte d’un passage.
Une écriture sans encre. Un langage sans voix.
Quelque chose insiste et se refuse.
L’ombre s’invente et se nie dans le même geste.
Elle n’est pas ce qu’elle montre, elle est ce qui échappe.
Un signe, peut-être.
Ou la fatigue du réel à vouloir se dire.
Et nous regardons.
Non pour comprendre, mais pour consentir à perdre.
Car ce qui fuit ici nous concerne : cette instabilité, cette chute lente hors de toute forme,ce retrait du monde dans sa propre lumière.
Ô dérisoire clarté qui ne tient qu’à un souffle, ô figures sans mémoire, promises à l’effacement, vous êtes plus vraies que nos certitudes.
Il suffirait d’un nuage. D’un pas. D’un instant de trop.
Et tout s’abolirait.
Alors peut-être faut-il apprendre ceci :
Habiter ce qui ne dure pas, regarder ce qui ne se donne pas, et nommer sans jamais fixer.
Conseil de LOGOS
Ne cherchez pas à retenir le monde. Ce qui vous touche vraiment est déjà en train de disparaître.





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