Alla mia Mamma
- Rédaction Logos

- il y a 9 heures
- 2 min de lecture
Par Antonella Perino
Pour accompagner cette lettre, nous vous invitons à écouter La Cura, de Franco Battiato. Né au pied de l'Etna, le chanteur sicilien a composé ici l'un des plus beaux hymnes à l'amour et à la protection. Une musique qui semble dire, avec pudeur, que les êtres que nous avons aimés continuent de marcher à nos côtés.

Avant de lire...
Il existe des textes qui ne cherchent ni à convaincre, ni à réécrire le passé. Ils ne répondent pas aux mémoires des autres, ils témoignent simplement de la leur.
Ces quelques pages sont de ceux-là. Antonella n'y revendique aucune vérité universelle.
Elle y dépose un souvenir, le sien. Celui d'une fille qui choisit de remercier sa mère pour l'amour reçu, sans nier que d'autres aient pu vivre une histoire différente.
Parce qu'une famille n'est jamais faite d'un seul récit, mais d'une mosaïque de regards, ce texte nous rappelle une chose essentielle : chacun porte en lui sa propre vérité, façonnée par les instants qu'il a vécus et les gestes qui l'ont construit.
Il est des héritages qui ne se mesurent ni en biens ni en paroles, mais dans une manière d'aimer, de donner et de traverser la vie. C'est de cet héritage-là qu'il est question ici.
Bonne lecture.
Alla mia Mamma
Je sais que chacun garde de toi un souvenir différent. Je respecte leur histoire, car elle leur appartient.
La mienne est autre.
Moi, je me souviens d'une femme lumineuse, gaie, généreuse, toujours prête à donner sans compter.
Je me souviens de ton rire, de tes chansons qui emplissaient la maison, de tes pas de danse avec papa. Tu portais en toi une énergie contagieuse, et tu savais transformer les plus petits instants du quotidien en véritables éclats de bonheur.
Papa était ton équilibre. Calme, discret, il te regardait avec une tendresse profonde.
Vous étiez différents, et pourtant si unis.
Je vous ai toujours vus vous respecter, vous soutenir et vous aimer avec une évidence tranquille.
Je n'ai pas gardé un souvenir d'une mère changeante ou injuste. Je me suis senti aimé, protégé, encouragé. Tu m'as transmis la générosité, le goût des autres et cette joie de vivre qui continue de m'accompagner.
Je ne prétends pas raconter la vérité de toute la famille. J'écris simplement la mienne.
Et cette vérité-là, personne ne pourra me l'enlever.
Merci Mamma pour l'amour que tu m'as donné. Il continue de vivre en moi chaque jour.
Le Conseil LOGOS
Dans chaque famille coexistent plusieurs mémoires.
Elles ne s'opposent pas nécessairement ; elles racontent simplement des expériences différentes. Plutôt que de chercher quelle version est la « bonne », prenons le temps d'écouter chacune avec respect.
Écrire un souvenir est un acte de transmission. C'est offrir à ceux qui viendront après nous un fragment de vie, une émotion, une valeur, un visage. Les souvenirs ne sont pas seulement des traces du passé : ils sont aussi des repères pour l'avenir.







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