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Ma mère, comme modèle de résilience

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    Rédaction Logos
  • 6 juil.
  • 3 min de lecture

Par Judith Tognon - Rédactrice citoyenne - rédaction LOGOS Afrique


Musique pour accompagner la lecture



Introduction

Il est des femmes dont la grandeur ne s’écrit pas dans les diplômes, les titres ou les carrières visibles. Elle se lit dans les gestes répétés, dans les matins commencés avant les autres, dans les repas préparés, les enfants portés, les maisons tenues debout, les douleurs avalées en silence. La mère africaine appartient à cette lignée de femmes qui n’ont pas toujours eu la reconnaissance du monde, mais qui ont formé des générations entières à la patience, au courage et à la dignité.

Dans une époque où l’on cherche des modèles loin de soi, sur les écrans, dans les biographies de ceux qui réussissent, ce texte rappelle une vérité simple : le premier mentor est parfois là, tout près, dans la cuisine avant l’aube. Une mère qui ne donne pas de leçon, mais qui enseigne par sa manière de tenir. Une mère qui ne parle pas de résilience, mais qui l’incarne. Une mère qui, sans le savoir, transmet l’essentiel : ne pas abandonner.



Ma mère, comme modèle de résilience

Par Judith Tognon - Rédactrice citoyenne - rédaction LOGOS Afrique


Ma mère n’a jamais eu de diplôme universitaire. Elle ne parle pas anglais. Elle ne sait pas ce qu’est LinkedIn. Et pourtant, tout ce que je sais de la persévérance, je l’ai appris d’elle. Pas dans un livre. Pas dans une conférence. Dans une cuisine, à cinq heures du matin, en la regardant préparer le repas du jour avant que tout le monde se lève.


Elle ne m’a jamais dit : « Travaille dur, ma fille. » Elle n’avait pas besoin de le dire. Elle le montrait. Ses actes parlaient plus fort que ses mots. Chaque jour. Sans exception. Sans se plaindre. Sans attendre que quelqu’un regarde.


En tant que fille aînée, j’ai été éduquée très tôt comme une petite maman. À cinq ans déjà, je m’occupais de mes frères, je portais mon jeune frère sur le dos. C’était amusant, parfois, mais c’était aussi une formation. Chaque jour. Son quotidien, c’était une maison propre, sans robot, sans machine pour remplacer l’effort, avec seulement ses mains, son courage et cette discipline silencieuse qui tient une famille debout.


Il y a quelque chose que les grandes villes nous font perdre parfois : l’idée que les gens ordinaires ont quelque chose d’extraordinaire à nous transmettre.

On cherche des mentors sur les réseaux. On regarde des vidéos de gens qui ont réussi. On oublie de regarder à côté. De regarder en face.


Ma mère ne m’a pas appris à devenir riche. Elle m’a appris à ne pas abandonner quand c’est difficile. Ce n’est pas la même chose. C’est beaucoup plus utile. Je pense à elle chaque fois que je veux arrêter quelque chose à mi-chemin. Pas parce que je me fais honte, mais parce que je me souviens de ce que tenir veut vraiment dire.


Elle, elle le sait. Elle l’a toujours su. Sans formation. Sans diplôme. Avec seulement cette certitude tranquille que le lendemain mérite qu’on s’y prépare.

Les héros de la transmission ne sont pas toujours ceux qu’on célèbre. Parfois, ils sont dans votre cuisine avant l’aube. Parfois, ils portent un pagne usé et sourient quand même.


Parfois, ils ne savent pas qu’ils vous ont tout appris. Mais vous, vous savez.

Comme le dit si justement Youssoupha : « Si le travail rendait vraiment riche, toutes les daronnes d’Afrique le seraient. »



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