Ce qui ne finit pas en moi
- Rédaction Logos

- il y a 1 jour
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Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

Je sens en moi de l’infini,
comme une présence discrète qui ne me pousse plus vers l’extérieur mais m’habite de l’intérieur. Il me démange des étoiles, non plus comme une ambition fébrile, mais comme un souvenir profond, presque ancien, comme si j’avais déjà été plus vaste que moi-même.
Et il flotte des bateaux à voiles, lentement, sur des eaux devenues calmes, non pour fuir, mais pour relier ce que j’ai été à ce que je deviens.
J’ai longtemps cru que vivre consistait à conquérir, à accumuler, à m’étendre. Aujourd’hui, je découvre que l’essentiel est ailleurs : dans ce qui se dépose, dans ce qui se transforme sans bruit, dans cette manière d’accueillir le temps plutôt que de lui résister. Il y a une maturité qui ne se proclame pas, elle s’installe, simplement, comme une lumière plus basse, mais plus juste.
Et puis, il y a eu l’amour.
L’amour d’une femme sicilienne. Une présence solaire, enracinée, presque antique. Elle portait en elle la chaleur des terres profondes, et une forme de mystère qui ne s’explique pas.
Avec elle, j’ai compris que l’amour ne se possède pas : il se traverse.
Elle ne m’a pas élevé au-dessus de moi-même, elle m’a conduit plus en dedans.
Et il y a l’amour de mon grand fils.
Un amour qui ne demande rien, qui ne prouve rien, mais qui tient. Un amour qui grandit en silence, comme un arbre dont on découvre un jour l’ombre. Je l’ai vu naître, se construire, devenir autre et dans ce mouvement, quelque chose en moi s’est apaisé.
Comme si, à travers lui, une part de moi continuait sans m’appartenir.
Son regard ne me juge pas, il me prolonge. Sa présence ne me rappelle pas uniquement ce que j’ai été, mais ce qui demeure.
Alors je comprends que l’infini que je sens en moi ne vient pas seulement de mes pensées ou de mes rêves, mais de ces liens invisibles qui me traversent.
L’amour d’une femme, l’amour d’un fils, deux forces différentes, mais une même profondeur.
Il flotte des bateaux à voiles en moi, et désormais, ils ne dérivent plus.
Je sens en moi de l’infini et je sais qu’il a pris racine.




J aime bien