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Crise du logement à Genève : Accéder à la propriété, la clé oubliée.

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 15 oct.
  • 3 min de lecture

Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS


Vers un modèle de propriété raisonnée et accessible


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À Genève, parler de logement revient trop souvent à parler d’impuissance.

Les loyers s’envolent, les biens se raréfient, et la propriété reste un rêve réservé à une minorité.


Pourtant, dans un canton où les institutions financières sont solides et l’épargne publique considérable, une autre voie est possible : celle d’un accès à la propriété sans fonds propres initiaux, encadré, sécurisé, mais enfin ouvert à la classe moyenne.


Le discours ambiant voudrait que devenir propriétaire soit réservé à ceux qui disposent de 20 % de fonds propres. C’est une barrière psychologique autant qu’économique.

Le stoïcisme nous enseigne à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous.

Or, dans ce cas précis, ce verrou dépend de la société elle-même : des règles bancaires, des garanties, des institutions publiques.


Pourquoi ne pas inverser le paradigme ?

Plutôt que de décourager les familles solvables mais sans capital, offrons-leur un chemin de confiance.


La Banque cantonale de Genève (BCGE), établissement de droit public, pourrait jouer un rôle de tiers de confiance.

Elle détient déjà la compétence, les moyens et la légitimité pour le faire.

Le modèle serait simple :


  • Les ménages acquièrent un bien sans fonds propres initiaux, à condition de justifier d’une stabilité professionnelle et d’une capacité de remboursement réelle.


  • La BCGE agit comme garant partiel du risque, en collaboration avec un fonds de garantie cantonal pour l’accès à la propriété, alimenté par des partenaires publics et privés (caisses de pension, fondations, mécènes).


Il est vrai que le candidat à la propriété peut déjà, sous certaines conditions, mobiliser partiellement son deuxième pilier.

Mais est-ce suffisant ?


La réalité montre que pour de nombreux ménages, ce capital reste trop limité pour franchir le seuil, d’autant que les exigences en matière de fonds propres demeurent élevées et que les prix du marché continuent de grimper.

Or, dans un contexte où les taux d’intérêt demeurent raisonnables, le coût mensuel d’un achat (intérêts et amortissement compris) est souvent inférieur au loyer équivalent pour un bien similaire.

Autrement dit, on paie aujourd’hui plus cher pour ne rien posséder que pour bâtir son propre patrimoine.

Dès lors, pourquoi ne pas inverser la logique ?

Plutôt que de réserver la propriété à ceux qui possèdent déjà, permettons à ceux qui travaillent, épargnent et assument leurs responsabilités de devenir acteurs de leur stabilité.


Ainsi, le capital remplace le capital : non plus celui de la fortune, mais celui de la confiance dans le travail, la stabilité et la responsabilité.


Pour que ce modèle fonctionne, chacun doit faire un pas :


  • Les banques, en assouplissant leurs critères sans renoncer à la prudence.


  • Le canton, en reconnaissant que l’accès à la propriété est un outil social, non un privilège.


  • Les communes, en réservant certains terrains ou droits à bâtir à ces programmes sécurisés.


  • Les promoteurs, en acceptant des marges plus modestes pour un marché plus fluide et durable.


Ce serait un tournant moral : remettre la vertu au centre de l’économie immobilière, selon l’idée stoïcienne que la justice est la plus haute des richesses.


Les locataires de longue durée pourraient devenir propriétaires de leur logement, réduisant ainsi la pression sur le marché locatif.

Les jeunes familles seraient stabilisées, renforçant le tissu social local.

Les fonds publics investis dans la garantie seraient récupérés sur le long terme, grâce à la baisse des aides sociales et à la fidélisation fiscale des ménages.


Ce modèle existe déjà sous des formes partielles en Suisse alémanique, au Canada ou en Finlande.

Genève, souvent paralysée par la peur de l’innovation, pourrait s’en inspirer et redevenir pionnière.

Le stoïcisme nous apprend que la liberté n’est pas l’absence de contrainte, mais la capacité de trouver la voie juste dans les contraintes.

Rendre la propriété accessible sans fonds propres, c’est replacer la confiance au cœur de l’économie, et donner à chacun la possibilité d’enraciner son existence dans un lieu, une histoire, une cité.


Habiter n’est pas posséder : c’est appartenir.

Et c’est là que Genève doit redevenir exemplaire.

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