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L’Ascension, ou ce que l’homme choisit d’élever

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    Rédaction Logos
  • il y a 3 minutes
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Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS



En ce jour de l’Ascension, dans une époque fascinée par l’immédiat, le bruit et la gravité des choses terrestres, une question ancienne mérite peut-être d’être reposée : que voulons-nous encore élever ?


L’Ascension n’est pas seulement une fête chrétienne. Elle est aussi, symboliquement, une méditation sur la verticalité humaine.

Car notre temps aime l’horizontal.

L’opinion se répand à la vitesse des flux. Les indignations s’aplatissent en commentaires.

Les ambitions se mesurent en visibilité.

Même nos débats publics semblent parfois incapables de quitter le sol des réflexes, des postures et des petites tactiques.

L’Ascension rappelle autre chose.

Elle rappelle que l’homme ne se résume pas à ce qu’il consomme, proteste, possède ou revendique. Qu’il existe en lui une capacité à lever le regard. À chercher au-dessus de lui non pas une domination, mais une élévation.


Cette intuition traverse d’ailleurs bien au-delà du christianisme. Les cathédrales l’ont incarnée dans la pierre. Marc Aurèle dans la discipline intérieure. Les artistes dans leur quête du beau. Les penseurs dans le refus du simplisme.


Une civilisation se juge peut-être à cela : ce qu’elle considère comme digne d’être élevé.

Élevons-nous encore l’intelligence ? Le silence ? L’effort ? La transmission ? La nuance ?

Le sens du bien commun ?


Ou bien avons-nous remplacé l’ascension par l’agitation ?

À Genève, ville internationale, laboratoire de contradictions modernes, la question n’est pas abstraite. Nous savons organiser le mouvement, la contestation, les sommets, les mobilisations.


Mais savons-nous encore cultiver l’élévation ? Celle qui ne fait pas de bruit. Celle qui construit des consciences plus que des foules.


L’Ascension n’impose rien à ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne. Mais elle offre à tous une image puissante : celle d’un être humain qui refuse d’être uniquement rivé au sol.

Dans un monde saturé de gravité, au sens physique comme moral, cette idée garde une force singulière.


Peut-être que notre époque n’a pas tant besoin de nouvelles colères que de nouvelles hauteurs.

Et si la vraie modernité consistait, paradoxalement, à réapprendre à lever les yeux ?


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