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Le piège de la victimisation

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 23 sept.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur Logos


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Notre époque cultive une étrange tentation : celle de faire de chacun une « victime ».

Victime du système, des institutions, de ses parents, de ses professeurs, de son employeur, de la société.


À force d’ériger la plainte en principe et le ressentiment en boussole, nous avons remplacé la dignité de l’homme responsable par la posture commode de l’homme accusateur.

Il ne s’agit pas de nier les injustices réelles, ni de refuser l’élan de solidarité qui fonde la civilisation. Mais le glissement actuel n’est plus celui d’un soutien aux plus fragiles : il est devenu une fuite collective devant la liberté, une abdication de ce qui fait la grandeur de l’être humain. La victimisation flatte parce qu’elle dispense de l’effort.


Elle permet de se justifier sans agir, de revendiquer sans construire. Elle nous installe dans une logique d’assistance où l’État, l’entreprise, ou le voisin portent toujours le fardeau de nos échecs.


Mais un corps social ainsi nourri se fragilise, car une communauté ne vit pas de plaintes additionnées : elle vit de forces additionnées. Raviver la responsabilité individuelle, c’est retrouver le sens du lien entre liberté et devoir. La liberté n’est pas une licence illimitée ; elle exige un engagement, un courage, une discipline.


Comme l’écrivait Marc Aurèle, « la faute est à toi si tu cesses d’agir selon ta raison ».

C’est dire que notre premier combat n’est pas contre l’extérieur, mais contre nos propres dérives. L’homme qui assume ses choix, même imparfaits, garde sa dignité. Celui qui se complaît dans l’accusation perpétuelle abdique sa puissance d’agir.


Entre ces deux attitudes se joue non seulement notre équilibre personnel, mais aussi la vitalité de nos cités.


Il est temps de réapprendre à nos enfants que l’échec n’est pas une injustice mais une étape, que la responsabilité n’est pas une charge mais une force, et que la vie se construit davantage par ce que l’on accomplit que par ce que l’on réclame.


La société qui redonne à chacun la fierté d’assumer sa route, et non de la subir, est celle qui prépare l’avenir.


La victimisation rassure dans l’instant ; la responsabilité, elle, libère pour toujours.


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