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Opinion: Le droit à la paresse : liberté ou poison pour la jeunesse ?

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    Rédaction Logos
  • 1 oct.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS


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Une élue française a récemment revendiqué haut et fort « le droit à la paresse ».


À première vue, la formule séduit. Elle évoque l’émancipation face à l’obsession moderne de la productivité, la critique d’un monde où l’homme se réduit à une machine à travailler. Mais que signifie un tel discours, et surtout : quels effets peut-il avoir sur les nouvelles générations ?


La paresse, dans la tradition philosophique, est une notion ambivalente. Les stoïciens la redoutaient, y voyant une abdication de la responsabilité.

Pour Marc Aurèle, chaque matin était une victoire contre le poids des draps : « Lève-toi, homme, car c’est pour agir que tu es né. »

La paresse n’est pas repos, mais renoncement à soi-même.

Or le repos est nécessaire et c’est là le piège des slogans. Défendre le repos, le ralentissement, la mesure face à l’épuisement du travail sans fin est légitime et même salutaire. Mais ériger la paresse en « droit » absolu, c’est tout autre chose : c’est transformer une dérive en valeur. C’est dire aux jeunes générations qu’elles peuvent s’accomplir non en créant, non en contribuant, mais en se retirant.


Le risque d’un tel discours est double. D’abord, il alimente une vision infantilisante de la liberté : une liberté conçue comme simple absence d’effort, et non comme puissance d’agir. Ensuite, il affaiblit la transmission des vertus essentielles à toute communauté politique : le courage, la persévérance, la responsabilité.


Nietzsche parlait du danger du « dernier homme » : celui qui ne veut plus se fatiguer, qui ne veut plus risquer, qui réclame seulement son petit confort.

N’est-ce pas ce profil que le « droit à la paresse » encourage à endosser ? Or une civilisation meurt moins de ses ennemis extérieurs que de son affaissement intérieur.


La jeunesse d’aujourd’hui a besoin d’exemples qui montrent que l’effort peut être joie, que le travail peut être création, que l’action peut être source de sens. Lui offrir la paresse comme horizon, c’est l’inviter à se retirer avant même d’avoir essayé.


La vraie liberté n’est pas de ne rien faire, mais de choisir ce que l’on fait. Elle ne s’acquiert pas par l’abandon, mais par l’effort assumé.

La cité a besoin de citoyens éveillés, non de dormeurs rassasiés.

Revendiquons donc le droit au repos, à la mesure, à la contemplation, mais non la paresse. Car la paresse n’est pas un droit : elle est une fuite. Et les démocraties, fragiles comme elles le sont, ne peuvent survivre longtemps si elles élèvent la fuite en valeur.


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