Quand l’absence devient présence
- Rédaction Logos

- 11 sept.
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Par Gilles Brand - Logos

Il est des épreuves qui semblent abolir toute lumière.
Perdre l’être avec qui l’on a partagé sa route, ses gestes quotidiens, ses rêves et ses silences, c’est voir soudain le monde se vider de sa couleur. La maison paraît trop grande, le temps trop long, et l’avenir une terre étrangère.
Pourtant, si l’on s’y attarde, il reste dans le sillage de l’absent quelque chose de vivant : une empreinte invisible mais réelle.
Les souvenirs ne sont pas seulement mélancolie, ils deviennent une présence subtile, presque une respiration intérieure. Ce qui a été partagé continue d’agir, non plus dans le visible, mais dans la manière dont nous aimons, écoutons, parlons.
Philosophiquement, la mort du compagnon ou de la compagne nous oblige à découvrir une vérité que nous éludons souvent : nous n’appartenons pas qu’à nous-mêmes. Nous sommes aussi la mémoire et la fidélité de ceux qui nous ont aimés. Et c’est peut-être là que se loge une pointe d’espérance : dans la capacité de transformer le manque en force, l’absence en fidélité créatrice.
Vivre après, ce n’est pas trahir. C’est honorer.
Honorer en poursuivant la route, en trouvant encore des raisons de sourire, de s’émerveiller, d’aimer. L’optimisme n’est pas naïveté : il est acte de résistance. Résister à la nuit, non pour la nier, mais pour y rallumer une flamme.
Ainsi, la vie après la mort de l’être aimé n’est jamais la même vie. Mais elle peut, paradoxalement, devenir plus profonde, parce qu’elle s’appuie sur ce que la mort ne détruit pas : l’intime trace de l’amour.
Pour Dominique






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