Sarah Pagin & Raphaël Hardmeyer : deux voix pour dire l’indicible
- Rédaction Logos

- 18 nov.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS
Il est des spectacles qui ne se contentent pas de raconter une histoire.
Ils dévoilent une vérité.
À Saint-Maurice, au théâtre du Martolet, Le Faust de Ch. Gounod fut de ceux-là, et si il a touché si profondément, c’est parce que deux artistes y ont porté la douleur, la dignité et la lumière jusqu’à leur point d’incandescence. (les 9 - 12 - 14 et 16 novembre)

Sarah Pagin, d’abord.
Sa voix n’est pas seulement un instrument : c’est un lieu.
Un lieu où les émotions ne passent pas, mais s’installent, se déploient, deviennent palpables.
Dans Marguerite, elle a trouvé cette ligne presque impossible entre la fragilité et la puissance, entre la blessure et l’espérance.
Chaque note semblait habitée par une mémoire plus ancienne qu’elle, chaque intention jouée avec une précision d’orfèvre.
Elle n’a pas interprété Marguerite : elle l’a incarnée.
Avec cette simplicité rare qui distingue les grandes artistes de celles qui cherchent à le paraître.

Et puis Raphaël Hardmeyer.
Une présence musicale qui ne cherche jamais l’effet mais toujours le sens.
Dans son jeu, tout est clair, articulé, respiré.
Il possède cette intelligence rare de la nuance, ce refus de l’emphase qui donne à la musique son relief véritable.
Sa lecture a offert un socle, un souffle, une tension intérieure qui ont permis au drame de se tenir debout, sans artifice.
Une interprétation d’une maturité étonnante, servie par une maîtrise technique irréprochable.
Ensemble, ils ont créé un espace où l’on a soudain compris que Faust n’était pas seulement une œuvre, mais une épreuve intérieure. Une traversée. Une cathédrale intime que leurs voix et leurs gestes ont illuminée.
Il y a des moments de scène qui restent, non parce qu’ils sont spectaculaires, mais parce qu’ils touchent juste.
A Saint-Maurice, Sarah Pagin et Raphaël Hardmeyer ont touché juste, avec l’élégance du vrai et la profondeur du nécessaire.






Commentaires