Maurice Aufair, la voix des âmes
- Rédaction Logos

- 3 oct.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

Comme le chante Serge Lama "mon ami, mon maître" parler de son ami, c’est continuer de lui donner vie.
Il est important pour moi de parler ici de Maurice Aufair. Rendre hommage à ce comédien, c’est prolonger sa voix, c’est partager encore un peu de cette présence lumineuse qu’il offre au monde.
Il est des artistes qui dépassent leur propre art. Ils ne se contentent pas d’habiter la scène : ils la transfigurent en espace de vérité. Maurice Aufair est de ceux-là.
Par sa voix, par sa présence, il rappelle que le théâtre n’est pas seulement un divertissement mais une épreuve d’humanité. Chaque mot qu’il prononce est une arche, chaque silence un abîme. Il porte en lui cette conviction que la parole n’est pas un jeu, mais une responsabilité.
Sa voix, grave et chaude, possède cette force paradoxale : elle élève sans dominer, elle éclaire sans éblouir. Elle traverse le texte avec la précision d’un sculpteur et la douceur d’un veilleur.
On songe alors à Marc Aurèle : « Ce n’est pas ce qui est dit, mais la manière dont cela est dit, qui imprime sa trace dans l’âme. »
Maurice Aufair ne déclame pas, il imprime. Il ne joue pas, il transmet.
Dans une époque saturée de vacarme, où la parole se dissout dans le flux, il offre une respiration, une rareté. Il rappelle que le verbe est sacré, qu’il ne se donne pas sans gravité, qu’il ne s’offre pas sans don de soi.
Comme les stoïciens le savaient, la voix véritable n’est pas un outil de pouvoir, mais un exercice spirituel : elle doit relier l’homme à ce qui le dépasse, et l’auditeur à ce qui le fonde.
Maurice Aufair incarne cela. Un diseur au sens noble, un passeur. Celui qui traverse les mots pour nous les rendre plus vivants, celui qui prend sur lui le poids du texte pour le déposer dans nos consciences.
Rendre hommage à un tel comédien, c’est aussi rappeler ce que nous avons oublié : que la culture n’est pas un luxe mais une nécessité, qu’elle n’est pas un ornement mais une nourriture.
Maurice Aufair, par son humilité et sa grandeur, nous enseigne que l’art véritable ne cherche pas l’applaudissement, mais la résonance intérieure.
Voilà pourquoi il est juste de le saluer ici, dans Logos.
Pour ce qu’il donne, avec fidélité et ferveur : une voix, un regard, une âme mise au service du texte et de l’autre.






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