Société : Hyper-gouvernance et égos, quand l’association se perd
- Rédaction Logos

- 25 sept.
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Dernière mise à jour : 26 sept.
Par Gilles Brand - rédacteur Logos

La force d’une association ne réside pas seulement dans son objet social, ni même dans l’énergie de ses projets. Elle réside d’abord dans la confiance fragile et précieuse qui unit ses membres. Cette confiance se nourrit de deux vertus simples : le partage loyal de l’information et le respect des bénévoles.
Or trop souvent, ces deux vertus sont traitées comme des variables d’ajustement. L’information circule au gré des convenances, les décisions se prennent dans de petits cercles, et les bénévoles, ces pierres vivantes de la maison associative se retrouvent réduits au rôle d’exécutants.
La gouvernance, alors, se déforme : elle cesse d’être collégiale et devient ce que l’on pourrait appeler une hyper-gouvernance. Derrière ce mot, une réalité simple : l’ego prend toute la place.
Car l’ego est un maître exigeant. Il veut tout décider, tout contrôler, tout posséder. Une association n’est pourtant pas une entreprise privée, encore moins une propriété personnelle : c’est une communauté de citoyens réunis autour d’une cause.
Ne pas partager l’information, c’est priver les membres de leur dignité de sujets libres ; ne pas respecter les bénévoles, c’est trahir la reconnaissance qui leur est due. Quand l’ego s’impose, l’association se réduit à un instrument de pouvoir individuel.
La démocratie associative n’est pas une option : c’est la condition même de la vitalité. Les bénévoles donnent de leur temps, parfois de leurs ressources, toujours de leur cœur. Leur respect exige écoute, clarté et considération. Les priver de cela, c’est miner silencieusement la maison commune.
Marc Aurèle rappelait : « Ce n’est pas la chose elle-même qui trouble les hommes, mais l’idée qu’ils s’en font. »
Dans les associations, ce n’est pas seulement le projet qui compte, mais la manière dont il est porté. Quand l’hyper-gouvernance transforme l’association en royaume de l’ego, la confiance s’effrite et le lien se brise.
Il est temps d’élever la gouvernance associative à la hauteur de sa mission. Non pas en multipliant les règlements, mais en cultivant un esprit : celui du dialogue ouvert, de la loyauté dans l’information, de la collégialité dans les décisions, et de la gratitude envers celles et ceux qui donnent sans compter.
Car une association qui sait contenir les égos, partager la vérité de ses choix et pratiquer la décision collégiale, même dans les difficultés, ne se contente pas de survivre : elle inspire, elle rayonne, elle élève.






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