Actualité : Genève, la complaisance de la justice ou l’oubli du tragique ?
- Rédaction Logos

- 22 sept.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - rédacteur Logos

À Genève, les actes de sauvagerie semblent s’élever comme une marée sombre. Non pas seulement dans leur nombre, mais dans leur intensité.
Chaque fait divers, chaque coup porté, chaque vie brisée, révèle une société où la violence ne se cache plus, mais se banalise.
La question se pose alors avec gravité : notre justice est-elle devenue complaisante ?
Car juger n’est pas seulement appliquer une règle écrite. Juger, c’est se souvenir que derrière chaque acte, il y a une victime, un agresseur, et une communauté blessée. Lorsque la sanction devient tiède, lorsqu’elle se dilue dans la compréhension à outrance ou dans l’excuse sociale, le message n’est plus celui de la justice, mais celui de l’indifférence.
Le philosophe Aristote rappelait que la justice est « le fondement de la cité ». Elle n’est pas une option, elle est le ciment qui permet aux hommes de vivre ensemble. Or, si le ciment s’effrite, c’est l’édifice commun qui vacille. Une justice trop clémente risque de ne plus protéger, mais d’exposer davantage les plus fragiles.
Faut-il pour autant céder à la tentation inverse, celle d’une répression brutale, d’une justice expéditive ? Non. Car la justice n’est pas vengeance, mais équilibre. Elle doit demeurer ferme sans devenir cruelle, humaine sans sombrer dans la faiblesse. C’est là le paradoxe de l’acte de juger : tenir ensemble la rigueur et la mesure.
Marc Aurèle, dans ses Pensées, écrivait : « Le meilleur moyen de se défendre contre un ennemi, c’est de ne pas lui ressembler. » Mais encore faut-il se défendre. Genève, cité réputée pour sa douceur de vivre, risque de perdre son âme si elle confond tolérance et laxisme.
La justice complaisante n’est pas indulgente, elle est amnésique : elle oublie que chaque acte de sauvagerie est une rupture du pacte social. La cité, pour rester humaine, doit redonner du poids aux actes et à leurs conséquences.
En vérité, la question n’est pas seulement juridique, elle est morale : voulons-nous une société qui protège, ou une société qui excuse ?






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