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Dreyfus, le retour du miroir

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 19 nov.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS


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L’élévation posthume d’Alfred Dreyfus au grade de général de brigade n’est pas seulement un acte symbolique. C’est un rappel. Un rappel qu’une injustice majeure peut traverser le siècle et nous revenir aujourd’hui comme vérité persistante, comme rappel moral, comme avertissement.



Car ce qui ressurgit aujourd’hui n’est pas simplement l’antisémitisme.

C’est sa banalisation.


Ce que l’on voit réapparaître de manière inquiétante, c’est cette facilité contemporaine à justifier la haine par des récits politiques, identitaires, moraux. Et cela n’épargne aucun camp.


Dans certains segments de l’ultra-gauche en particulier, un antisionisme radical se déploie aujourd’hui avec des ressorts qui réactivent des schèmes anciens d’hostilité aux Juifs, comme si les vieux mécanismes idéologiques du XXe siècle trouvaient une nouvelle plateforme rhétorique, un nouveau langage, un nouveau costume.

Rien de neuf. Juste un recyclage.


C’est cela la tragédie : ce qui se présente comme progrès moral peut parfois n’être que la répétition maquillée d’un vieux ressentiment. La haine se croit moderne, elle se croit éthique, elle se croit éclairée, alors même qu’elle rejoue, presque au millimètre, les vieux outils de l’exclusion.


Dreyfus nous rappelle ceci :l’injustice n’est jamais définitivement enterrée. Elle attend que nous baissions la garde.

La mémoire n’est pas un musée. Elle n’est pas une archive pour historiens. Elle est une méthode de vigilance. Elle exige de nous un refus actif de la glissade morale. Car la haine, pour s’imposer, n’a pas besoin de masses furieuses. Elle a besoin de spectateurs passifs.


Cette promotion posthume n’est pas simplement réparation : elle est signal.

Un signal adressé à notre présent, à nos réseaux, à notre culture numérique, à nos débats qui accélèrent sans penser.


Le temps de Dreyfus n’est pas clos. Il revient lorsque nous laissons la rumeur supplanter le réel, la colère supplanter l’analyse, le soupçon supplanter la justice.


Dans ce moment historique de recrudescence antisémite, ce geste du Parlement français nous dit : penser est une responsabilité morale.


Refuser la haine n’est pas opinion, c’est une exigence civilisationnelle


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