Edito : Fin de règne pour Emmanuel Macron, l’illusion du mouvement
- Rédaction Logos

- 8 oct.
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Par Gilles Brand - Rédacteur Logos

Il y a des fins de règne qui s’annoncent dans le fracas des scandales, et d’autres dans le silence des désillusions.
Celle d’Emmanuel Macron appartient à la seconde catégorie. Ce n’est pas tant la chute d’un homme que l’épuisement d’une promesse : celle d’un renouveau politique fondé sur la raison, l’efficacité et la transcendance des clivages.
Macron aura incarné la foi moderne dans le mouvement perpétuel, ce culte de la réforme, du dynamisme, de l’agilité managériale qui devait réconcilier la France avec elle-même. Mais l’Histoire, en philosophe implacable, se charge toujours de rappeler que le mouvement n’est pas le sens.
On peut "marcher" sans savoir où l’on va, et tourner sans jamais sortir du cercle.
Son règne aura été celui de la tension entre le réel et le récit.
Dans le réel : des crises successives, une société éclatée, une défiance politique inédite. Dans le récit : la grandeur européenne, la start-up nation, le progressisme en marche.
Ce décalage, devenu abyssal, a fini par absorber toute croyance collective.
Peut-être que Macron, plus que tout autre, aura été le président de la transition, non pas celle qu’il voulait, mais celle qu’il subissait : le passage d’un monde d’autorités à un monde d’émotions, d’un pouvoir vertical à une société éclatée.
En cela, il aura été à la fois le dernier des présidents classiques et le premier des dirigeants postmodernes.
La philosophie politique retiendra peut-être de lui cette leçon : qu’on ne gouverne pas des âmes avec des tableaux Excel. Que la raison sans incarnation lasse, et que la modernité sans racine isole.
La France, vieille nation sensible, aspire moins à être gérée qu’à être comprise.
La fin de règne d’Emmanuel Macron n’est donc pas seulement un épisode politique : c’est le miroir d’une époque qui confond le changement avec le progrès, et la communication avec la vision. Le mouvement, sans but, finit toujours par tourner sur lui-même.






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