Editorial: Mais que se passe-t-il dans le canton de Genève ?
- Rédaction Logos

- 22 sept.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - rédacteur

Un déficit budgétaire n’est jamais un simple accident comptable. C’est un miroir de nos contradictions collectives, une alarme qui révèle l’écart entre nos idéaux et nos capacités réelles. Genève, riche de ressources mais pauvre de cohérence, incarne ce paradoxe : vouloir tout offrir, attractivité fiscale, prestations généreuses, services publics solides, sans accepter les limites inhérentes à toute communauté humaine.
Car gouverner ne consiste pas à additionner des colonnes de chiffres. Gouverner, c’est incarner un cap. C’est distinguer l’essentiel du secondaire, accepter le réel et préparer l’avenir. Cela requiert un sens aigu de l’État, cette qualité rare qui dépasse la gestion quotidienne. Or que voyons-nous trop souvent ? Des gestionnaires de beau temps, capables d’administrer l’existant, mais démunis face aux tempêtes.
L’histoire et la philosophie nous rappellent que la vertu politique ne se trouve ni dans l’excès ni dans l’utopie, mais dans la mesure. Mesure au sens grec de la sophrosynè, cette tempérance qui protège de l’ivresse des promesses impossibles.
Un déficit nous rappelle que la démocratie n’est pas un banquet gratuit : chaque choix engage une contrepartie, chaque prestation un financement, chaque promesse un sacrifice.
C’est pourquoi Genève a besoin, aujourd’hui plus que jamais, de femmes et d’hommes compétents, visionnaires et courageux. Non pas des administrateurs du quotidien, mais des responsables capables d’assumer des arbitrages difficiles, de renoncer à l’accessoire pour préserver l’essentiel. Le déficit n’est pas qu’un chiffre rouge : c’est une épreuve qui oblige à hiérarchiser, à dire ce que nous voulons protéger coûte que coûte, et ce que nous devons laisser de côté.
En somme, ce qui se joue n’est pas seulement financier, mais spirituel :
Genève doit choisir entre l’illusion confortable de l’abondance infinie et la sagesse exigeante de la mesure. Entre des gestionnaires qui naviguent à vue et des gouvernants portés par un véritable sens de l’État.
C’est là, et là seulement, que la politique retrouve sa dignité : dans le courage de décider non pour séduire, mais pour durer.






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