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Editorial : Primes d’assurance maladie, le miroir de nos limites

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    Rédaction Logos
  • 4 sept.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand – Logos


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Chaque année, en Suisse, les primes d’assurance maladie s’élèvent un peu plus haut, comme une vague qui ne se retire jamais. Nous cherchons des coupables : les assureurs, les médecins, les laboratoires, l’État.


Mais derrière les chiffres, il y a autre chose : un reflet de notre rapport à la vie, à la santé et à la mort.

Car pourquoi ces coûts sans cesse croissants ?

Parce que nous exigeons toujours plus de la médecine : plus de précision, plus de technologie, plus de temps gagné sur l’inévitable. Nous rêvons d’un corps sans défaillance, d’une vie sans fin. Et ce rêve, il faut bien le payer.


La prime n’est pas qu’une facture ; elle est le prix de notre refus de la finitude. Nous avons fait de la santé une marchandise totale, de la guérison un droit absolu. Mais un droit sans limite devient vite une illusion, et l’illusion a un coût infini.

Alors, que faire ?


Réformer les caisses, plafonner les prix, redistribuer autrement ?

Ces mesures peuvent soulager, mais elles ne s’attaquent pas au cœur du problème.

Le cœur du problème est existentiel : savons-nous encore dire « assez » ?

La sagesse consisterait peut-être à réapprendre la mesure. À accepter que la médecine n’est pas toute-puissante, qu’elle ne doit pas être convoquée pour chaque peur, chaque inconfort, chaque désir d’éternité. À comprendre que la véritable santé se cultive d’abord dans la prévention, dans le soin de soi, dans la sobriété du quotidien.


Les primes qui montent chaque année sont peut-être une leçon silencieuse : elles nous rappellent que nous ne pourrons pas acheter indéfiniment l’illusion d’une vie sans faille.


Les stoïciens nous l’enseignent : ce qui ne dépend pas de nous doit être accepté, ce qui dépend de nous doit être travaillé avec courage. La maladie et la mort font partie de l’ordre du monde, elles ne sont pas des scandales à effacer mais des réalités à apprivoiser. Vouloir les abolir, c’est nourrir une illusion coûteuse ; apprendre à les accueillir, c’est retrouver la paix intérieure et la possibilité d’un système de santé durable.


En fin de compte, la question des primes est moins économique que philosophique : quel prix sommes-nous prêts à payer pour repousser la mort, et quel prix pour apprendre à mieux vivre ?

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