L’amendement des cierges
- Rédaction Logos

- 11 nov.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS

Peppone, lui, glisserait sans doute un amendement pour taxer les cierges.
Le feu sacré de la foi devient une dépense énergétique ; la lumière de la conscience, une externalité carbone ; et même la bougie du recueillement finit dans une ligne budgétaire, rubrique “combustion non renouvelable”.
C’est ainsi : nous sommes devenus une société qui veut réglementer la transcendance.
On ne prie plus, on dépose une demande d’autorisation. On ne médite plus, on subventionne la méditation. Et si l’on allume un cierge, on s’assure que la cire soit locale, biodégradable et équitablement fondue.
Peppone, dans sa logique de bon gestionnaire marxiste, dirait que l’État doit récupérer une part de cette lumière collective :« Après tout, camarades, même la grâce produit de la valeur ajoutée ! »Don Camillo, lui, répondrait du haut de sa chaire :« On ne taxe pas la foi, Peppone, on la partage ! »
Et pourtant, n’est-ce pas là tout le dilemme de nos politiques modernes ?
Vouloir transformer chaque vertu en prestation, chaque élan en ligne comptable.
Nous avons fait du bien commun une colonne de chiffres, et de la responsabilité individuelle un formulaire.
Taxer les cierges, c’est croire que la clarté du monde se mesure en francs suisses.
Mais la vraie lumière, celle qui éclaire sans brûler, ne passe pas par le Département des finances. Elle est cette petite flamme intérieure qui résiste à tout décret, même à celui de la taxe symbolique sur la bonté.
Alors, oui, Peppone continuerait à rédiger ses amendements en souriant.
Mais au fond, il sait bien, comme Don Camillo, que la seule richesse qui compte ne se déclare pas au fisc.






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