La philosophie comme autre voie pour la Cité
- Rédaction Logos

- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

« Gouverner, c’est d’abord se gouverner soi-même. » Marc Aurèle
Et si, au fond, la philosophie pouvait devenir ce que les partis, parfois, ne peuvent plus être : un espace de respiration pour la Cité ?
La politique, aujourd’hui, n’est pas en faillite, elle est en fatigue. Fatigue de convaincre, fatigue de gérer, fatigue de devoir tout expliquer dans un monde qui, lui, ne s’explique plus très bien. Chaque parti, avec sincérité, tente d’apporter sa part de réponse. Mais il arrive que le rythme du débat dépasse celui de la réflexion.
Et surtout, que le court terme étouffe la vision.
Car c’est bien là l’un des grands défis de notre temps :la difficulté de se projeter, d’imaginer l’avenir, de penser la Cité autrement qu’en chiffres ou en échéances.
Nos institutions savent administrer le présent, mais elles peinent à rêver le futur sans craindre d’être jugées naïves.
C’est là que la philosophie retrouve sa place : non pour donner des leçons, mais pour rappeler le sens. Elle n’administre pas, elle n’arbitre pas : elle interroge. Et dans ce simple geste de questionnement, elle redonne à la politique ce souffle qu’elle cherche parfois sans le dire.
Penser la Cité, ce n’est pas seulement gouverner :c’est aussi se souvenir de ce que l’on veut préserver,et oser tracer l’horizon de ce que l’on souhaite transmettre.
Les stoïciens, les humanistes, les modernes, tous, d’une manière ou d’une autre, ont compris que la sagesse publique commence par une discipline intérieure.
La philosophie ne prétend pas remplacer les partis. Elle leur offre un miroir : celui de la mesure, du discernement, et du doute fécond.
Et si, un jour, nos institutions savaient à nouveau accueillir ce silence réfléchi au cœur du tumulte, alors peut-être que la Cité redeviendrait un lieu d’âme avant d’être un lieu de chiffres.






Commentaires