Le petit vent et l’enfant en guerre
- Rédaction Logos

- 10 nov.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - rédacteur LOGOS

On oublie trop vite ce que pouvait représenter un livre pour un enfant durant la Seconde Guerre mondiale
Dans ces années où les frontières se refermaient comme des pièges, où les adultes parlaient à demi-mots, où le bruit des événements dépassait la capacité d’un enfant à comprendre, la lecture n’était pas un simple passe-temps : c’était un refuge, une échappée, un corridor secret hors du monde imposé.
Le Tour du monde du petit vent n’était pas une histoire comme les autres. C’était une évasion verticale.
Le vent passait au-dessus des régimes, des casques, des lignes de front, des idéologies.
Il glissait au-dessus des nations comme si toutes ces divisions n’étaient que des accidents provisoires de l’Histoire. Il voyait le monde avec innocence, mais il le voyait dans sa totalité.
Et pour un enfant né en 1932, la découverte de nouveaux pays, de nouveaux continents, d’horizons inconnus, n’était pas seulement éducative ou didactique : elle était merveilleuse.
Elle redonnait de la profondeur, de la couleur, un sentiment d’immensité au milieu d’un monde qui se rétrécissait.
Car ce vent racontait que la Terre restait vaste, diverse, belle, malgré la folie des hommes.
Il disait que l’ailleurs existait encore, que le mouvement existait encore, que le réel n’était pas fermé
.C’était une forme de résistance silencieuse : l’idée que rien, absolument rien, n’est définitif tant que le vent continue de circuler.
Parce que le vent ne se retient pas, ne se capture pas, ne se domestique pas.
Le vent, c’est la liberté.
Et dans la tête d’un enfant enfermé dans une époque où tout semblait contrôlé, confisqué, surveillé… cette liberté-là avait la valeur d’une promesse métaphysique :celle qu’un jour, lui aussi pourrait traverser le monde.
Comme le vent.
En hommage à Jean-Claude






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