Nicolas de Flüe et la Suisse : une méditation
- Rédaction Logos

- 25 sept.
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Dernière mise à jour : 26 sept.
Par Gilles Brand - Rédacteur Logos

Cet éditorial n’est pas un exercice d’histoire, mais de philosophie politique. Il ne s’agit pas de reconstruire ce que Nicolas de Flüe aurait réellement dit, mais de pratiquer une méditation par projection : imaginer comment son regard, nourri de silence, de paix et d’ascèse, résonnerait face à nos réalités contemporaines.
Cette méthode a deux vertus :
Elle nous délivre de l’illusion moderne selon laquelle nos problèmes sont inédits.
Elle nous oblige à entendre, dans la voix d’un autre temps, l’écho de nos contradictions présentes.
Faire parler Nicolas de Flüe à la Suisse d’aujourd’hui, c’est moins convoquer un saint patron qu’ériger un miroir spirituel.
Un miroir où notre pays, habitué à se contempler dans ses succès économiques et diplomatiques, découvre une autre image : celle de son âme, fragile et nécessaire.
Méditation de Nicolas de Flüe à la Suisse
« Suisse, mon pays, je t’ai connue naissante, fragile, hésitante. Tu cherchais déjà ton équilibre entre force et mesure. Aujourd’hui encore, tu crois que ton avenir dépendra de tes marchés, de tes traités, de tes alliances.
Mais je te le dis : ce n’est pas là que se joue ton destin.
La paix que tu revendiques ne s’obtient pas dans les assemblées ni dans les slogans : elle naît du silence intérieur. Elle exige que tu refuses la haine, que tu domptes tes passions collectives et que tu restes fidèle à l’écoute de ce qui t’élève.
Ta prospérité est grande, mais elle est aussi ton vertige. Ne confonds pas l’abondance avec le sens. Ce que tu possèdes, partage-le ; ce que tu produis, oriente-le vers le bien commun.
Car un peuple qui ne sait plus pour quoi il vit, se perd dans le comment de ses richesses.
N’oublie pas qui tu es.
Ton unité n’est pas uniformité, mais alliance de différences.
Garde-toi des excès d’ouverture qui dissolvent, comme des excès de fermeture qui étouffent. Sois enracinée sans être repliée.
Et surtout, apprends à te taire. Dans ce siècle de vacarme et d’opinions instantanées, sache que le silence est une sagesse. C’est lui qui permet de discerner l’essentiel, c’est lui qui protège l’âme d’un peuple.
Suisse, si tu veux demeurer, ne cherche pas d’abord à être puissante ni admirée.
Cherche à être fidèle à ton âme.
Car un pays, comme un homme, peut perdre tout sans périr, sauf son âme. »






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