Quand le divorce révèle plus que des inégalités
- Rédaction Logos

- 11 nov.
- 2 min de lecture
Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS

Les chiffres, ne disent pas tout. Car une vie de couple n’est pas une ligne comptable.
Tout au long des années, chacun y aura pris en charge des dépenses, assumé des risques, soutenu des projets, contribué à des rêves communs. L’un aura payé davantage d’hypothèque, l’autre davantage de soins ou de temps pour les enfants.
Et ces équilibres intimes, tissés dans la confiance et le partage, ne se mesurent pas au moment du divorce.
Réduire ces écarts à une simple « inégalité » serait oublier la profondeur de la vie vécue ensemble. Oui, il existe des déséquilibres économiques structurels, mais il existe aussi des choix, des priorités, des solidarités silencieuses.
Certaines femmes ont privilégié la présence, certains hommes ont assumé le poids financier ; d’autres couples ont inversé ces rôles.
La vérité, c’est que la vie conjugale est un tissu de dépendances réciproques, que la séparation transforme brutalement en lignes de fracture.
Le divorce révèle alors non seulement une disparité de revenus, mais une disparition de la mémoire commune : celle de ce qui fut partagé, donné, offert sans calcul.
La société mesure ce qui reste ; elle oublie ce qui a été construit à deux.
La justice, dans ce contexte, ne consiste pas à rendre tous les destins égaux, mais à reconnaître la valeur de chaque contribution, visible ou invisible, matérielle ou morale.
Elle devrait protéger ceux qui se retrouvent fragilisés, sans effacer la complexité des liens humains.
Car tout ne s’explique pas par des inégalités. Il y a aussi des choix, des attachements, des responsabilités croisées ou unilatérales. Et la véritable justice sociale serait celle qui reconnaît la symétrie ou l'asymétrie des efforts, même quand leurs formes diffèrent.






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