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Rue de Carouge : le déni hors-sol du politique face à la détresse des commerçants

  • Photo du rédacteur: Rédaction Logos
    Rédaction Logos
  • 1 sept.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand – Logos



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ll est des rues qui ne sont pas seulement des voies de circulation, mais des artères vitales pour une ville. La rue de Carouge en est une. Elle porte la mémoire des artisans, des cafés, des libraires, des commerces de proximité qui ont façonné l’identité genevoise.


Or aujourd’hui, cette rue souffre : ses commerçants voient leur chiffre d’affaires s’effondrer, leurs vitrines se vider, leur espoir s’étioler.


Ce qui choque n’est pas seulement la crise économique qu’ils traversent, mais le déni politique qui l’accompagne. Comme si, hors-sol, les décideurs parlaient de transition urbaine et de mobilité douce sans regarder les visages de ceux qui, chaque jour, tentent de survivre derrière un comptoir désert.


La philosophie nous enseigne que le réel est toujours premier. Aristote rappelait que la politique n’est pas une science abstraite, mais une pratique enracinée dans la vie concrète des citoyens. Ignorer la souffrance des commerçants au nom d’un idéal urbanistique, c’est transformer la cité en concept et oublier qu’elle est d’abord une communauté d’êtres vivants.

Il s’agit de rappeler que l’un ne peut pas se construire contre l’autre

Il ne s’agit pas d’opposer la nécessité d’adapter nos villes aux défis écologiques à la survie du commerce local. Il s’agit de rappeler que l’un ne peut pas se construire contre l’autre. Car une ville sans commerce de proximité est une ville sans âme : un alignement de façades uniformes, une succession d’espaces traversés mais non habités.


Le stoïcien Sénèque écrivait : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Ici, la difficulté n’est pas d’entendre la détresse des commerçants, mais d’oser admettre que certaines décisions politiques ont aggravé leur situation.


Parce qu’une rue est plus qu’un projet d’aménagement : elle est le lieu où se joue le lien social, le travail, la confiance réciproque.


Refuser de voir l’effondrement actuel, c’est non seulement abandonner les commerçants, mais aussi nier le rôle même de la politique : veiller à ce que chacun trouve sa place dans la cité.

1 commentaire

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Marcelo
23 sept.
Noté 4 étoiles sur 5.

Très bien vu.

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