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Russie-Europe : Lecture du passé pour comprendre le présent

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    Rédaction Logos
  • 2 oct.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS


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En 1938, l’Europe se trouvait au bord du gouffre sans en avoir pleinement conscience.


Aux confins de la Pologne, les provocations de l’Allemagne nazie se multipliaient : incidents frontaliers, tirs, manœuvres militaires présentées comme de simples accidents. L’opinion publique, fatiguée des tensions, voulait y voir des gestes isolés, là où se dessinait déjà une stratégie délibérée. Quelques mois plus tard, l’invasion de la Pologne balayait les illusions et ouvrait l’ère des ténèbres.


Aujourd’hui, les incursions de drones russes dans l’espace européen résonnent comme un écho de ces prémices.

Officiellement, Moscou nie toute intention d’agression directe contre l’Union européenne. Mais ces intrusions posent question : sont-elles des tests techniques, de simples dérives de trajectoire, ou bien des signaux politiques envoyés pour jauger notre réactivité ?


Sur le plan stratégique, l’OTAN relève une multiplication de ces incidents depuis 2023, notamment en Pologne, en Roumanie et dans les pays baltes. Les chancelleries parlent de « provocations limitées », mais les généraux soulignent que ces gestes visent à brouiller la frontière entre guerre ouverte et guerre hybride.


À l’image des « incidents frontaliers » de 1938, ils participent d’une logique de normalisation de l’anormal.

Ce qui est en jeu dépasse la seule technique militaire : c’est la capacité d’une société à lire les signes du temps. L’Europe de 1938 a cru qu’en minimisant l’hostilité, elle la désamorcerait.


L’Europe de 2025 doit se demander si elle ne commet pas la même erreur, en croyant que quelques drones perdus ne méritent pas une réaction politique ferme.


Philosophiquement, cette situation nous ramène à la question de la lucidité. Hannah Arendt écrivait que « le mal radical commence là où les hommes refusent de penser ». Ne pas penser, aujourd’hui, ce serait réduire ces signaux à des faits divers techniques. Penser, au contraire, c’est les inscrire dans une dynamique historique : celle d’une Russie qui teste les limites, qui joue de l’ambiguïté, qui cherche à imposer sa volonté par la tension permanente.


Il ne s’agit pas de céder à la peur, ni de prophétiser une guerre inévitable. Mais l’histoire nous enseigne que les sociétés qui ferment les yeux trop longtemps se réveillent souvent trop tard.

Marc Aurèle nous le rappelle : « La meilleure défense, c’est de vivre en accord avec la raison. »

La raison commande aujourd’hui d’observer, de nommer et de se préparer.

Les drones russes ne sont pas encore les blindés de 1939. Mais si nous voulons éviter qu’ils en deviennent l’équivalent symbolique, il nous faut répondre à la question essentielle : Avons-nous appris du passé, ou sommes-nous condamnés à répéter ses erreurs ?

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